Événements

Rhum Fest 2018

RFP2018-min

Comme à l’habitude voici un retour concis sur la grande messe du rhum: Le Rhum Fest Paris. A la différence des autres années, aléa du calendrier et heureux événement personnel à venir, l’expérience ne se fera que sur une unique journée pour cette édition (et je suis déjà super heureux d’avoir pu y aller, ce n’était pas gagné de prime abord !). Une journée c’est court, le mot d’ordre fut donc : cap sur les nouveautés !

Malgré le nombre conséquent de produits dégustés, j’ai voulu être un peu plus complet que « j’aime/j’aime pas ». Néanmoins le palais étant de plus en plus anesthésié et le temps me manquant cruellement, les notes sont loin d’être précises et exhaustives. Je me suis donc limité aux principaux marqueurs qui me sont apparus. Comme pour toutes les autres notes, celles-ci ne sont que mon avis personnel 😉

Arrivé bien en avance afin d’éviter le souci de la file d’attente de la veille, je me retrouve le premier à pénétrer le lieu saint : les pavillons de dégustations ! Etant un peu déboussolé par cet espace vide qui s’ouvre à moi, je me dirige machinalement vers mes marques de prédilection afin d’avoir le temps de saluer tous ces grands noms du paysage rhumier avant que la foule n’arrive.

 

La Mauny / Trois Rivières

Commençons par le stand La Mauny et Trois Rivières sur lequel je retrouve Daniel Baudin. Après quelques mots et certains remerciements pour service rendu, nous débutons (surtout moi) les dégustations.

La Mauny VSOP (nouvelle facture) : Le nez est fruité (abricot) le boisé est discret. La bouche est ronde et bien équilibrée, le fruit ressort bien. Un très beau produit très fin (bien plus à mon goût que l’ancienne édition).

Trois Rivières Triple Millésime 1999-2000-2009 : Le nez est plus boisé que l’ancienne version, la bouche plus structurée, intense avec de notes de poivre. Toujours aussi intéressant même si différente de la précédente version.

Trois Rivières 2004 : Nous retrouvons les marqueurs typiques de la maison, les épices sont assez présentes. Un boisé plus discret.

 

Saint James

On passe en face pour se rendre chez St James avec le désormais habituel Stephen Martin toujours aussi passionné et passionnant.

St James XO : même si ce n’est pas une nouveauté, je n’ai jamais eu l’occasion de le déguster ; manquement maintenant résolu. Le nez est plutôt doux et rond. La bouche est gourmande et sur les épices. Un très bon rapport q/p. Je le classerais en entrée de gamme coté doux chez St James.

St James 2001 : Plus boisé, un peu d’amertume. Il s’ouvre bien avec l’oxygénation. Assez sec et boisé en bouche, la finale est malheureusement assez sèche et pas très longue. Je pense lui préférer son petit frère le 2000.

St James XO 2001

Le Single Cask 1997-2016 fera partie d’une prochaine comparaison avec son petit frère embouteillé en 2012 lors d’un futur post.

 

HSE

Restons en Martinique avec une des maisons les plus innovantes : HSE. Les salutations avec Cyril Lawson faites, nous commençons les découvertes.

HSE Blanc Parcellaire 2016 Canne Rouge :  Un rhum blanc à laisser s’ouvrir. Le nez est végétal, sur la canne et les fruits à chair blanche. La bouche est assez douce et sucrée, ronde et gourmande, épices orientales et une pointe d’agrumes. La finale est plus forale et sur de l’eucalyptus. Une belle innovation.

HSE XO Sélection Ducasse : enfin le temps pour moi de découvrir cette licorne. Le nez est rond et compoté, très fruité (marmelade d’orange). La bouche est premièrement légèrement fumée avec une légère astringence. Elle évolue pour devenir plus ronde et gourmande, on retrouve le coté fruits cuits dans un bel équilibre avec un boisé noble (bois de santal). Par la suite le boisé se mélange au piment et à l’écorce d’orange. Vraiment une très belle réussite, dommage qu’il soit quasiment impossible de mettre la main une bouteille.

Petit détour par JM où seul le 2005 m’était inconnu, Celui-ci est assez sec et astringent, plus rude et boisé que son prédécesseur le 2004 qui m’avait agréablement surpris.

Neisson

Arrivée chez Neisson où les bio sont de sortie ! Connaissant déjà l’Esprit bio, je me penche sur les 52,5% (les 2 versions étant présentes, c’est le moment de les comparer).

Au nez le bio est sur le fruit rouge alors que sa version standard est plus sur la canne fraîche. La bouche du bio est gourmande et plus sèche alors que l’original est plus floral. Difficile de choisir un préféré ; c‘est le prix qui fera pencher la balance en faveur de la version non bio.

Neisson 52,5% Bio

 

 

A1710

On passe chez A1710, où je n’ai pas reconnu Grégory Duval (désolé de ne pas t’avoir salué). Je m’intéresse principalement aux blancs. Après m’être remis en selle avec la Perle je commence les nouveautés :

La Perle Bio B59-566 (canne bleue) : Le nez est minéral et prometteur. En bouche c’est rond et doux avec des notes de poivre Sichuan. Une belle découverte.

La Perle Bio R579 (canne rouge) : celui-ci est plus monolithique, moins doux, plus astringent, il me sied moins.

Renaissance : On y retrouve plus le coté terreux et iodé qui me rappelle les anciennes cuvées.

La Favorite

Continuons notre tour de la Martinique avec La Favorite où je retrouve Franck et Emmanuelle. Après un accueil très chaleureux, on me sert le premier breuvage.

La Favorite 2009 Brut de Fût : Au nez assez boisé, sur la réglisse. La bouche est d’un beau boisé avec beaucoup d’épices (notamment du poivre). La finale revient sur la réglisse. Il m’a bien plus même si assez porté sur les épices.

La Favorite 2011 (en test) : Même essai que l’année précédente, c’est Emmanuelle qui a cette fois soutiré un échantillon de 3 fûts du millésime 2011 juste pour la famille de la Canne 2.0 . Le nez est enchanteur, doux, sur de la cire d’abeille et les fruits blancs. La bouche ne tient malheureusement pas ses promesses, trop acide, boisée et pas vraiment équilibrée. Dommage car le nez est vraiment très charmeur mais cela n’est qu’un rapide croquis ; on peut être certain que le produit final corrigera ces défauts.

 

Depaz

Terminons la dernière distillerie visitée de la Martinique : Depaz. C’est Benoit Bail qui nous régale cette année.

Depaz 2000 Brut de Fût : premier bdf pour Depaz. Le nez est compoté, sur les fruits rouges bien mûrs, des fruits sec (amande), assez pâtissier. La bouche est vive est boisée, bien structuré avec un peu d’amertume, du chocolat noir et de la boite à cigare. La finale est longue et fine.

Depaz 2000 bdf

 

 

Longueteau

Changement d’île mais toujours sur le vesou : La Guadeloupe. Commençons le périple avec Longueteau. Après avoir salué François, il me fait découvrir sa nouvelle gamme « Harmonie ».

Longueteau Symphonie : Le nez est sur le fruit à coque, légèrement boisé, un peu fruité. La bouche est ronde et douce. Je tablerai sur un ancien VS un peu plus âgé et complexe.

Longueteau Concerto : Le nez n’est pas trop boisé, bien fruité. En bouche on retrouve certains marqueurs de la précédente cuvée, c’est bien équilibré avec des notes empyreumatiques et un boisé plus présent. La finale est longue et posée.

Longueteau Prélude : terminons sur le plus jeune des 3. Le nez est sur la canne, un boisé assez fougueux. La bouche a une attaque vive, un boisé sec, pas trop fruité. Je ne peux m’empêcher de retrouver dans cette cuvée un semblent d’idée d’un certain profil de chez Neisson avec un rapport q/p intéressant.

Longueteau Harmonie

Damoiseau

Seconde Distillerie visitée de l’île : Damoiseau. On retrouve notre chère Clémentine toujours aussi souriante. Elle me propose ses quelques nouveautés :

Damoiseau 2007 : Petit frère des millésime 2008 et 2009, ce 2007 est vanillé et assez rond au nez. La bouche est fraîche, douce et légèrement épicée. Le TAV assez faible me laisse un peu sur ma faim. Ma préférence reste toujours le 2008 Subprime.

Damoiseau Concordia : C’est doux et rond, le bourbon donne de la gourmandise et en fait un rhum accessible en restant bien structuré. (PS : courage pour l’attaque du marché italien avec le nom de cette cuvée, Clémentine 😉 )

Damoiseau Statera : Plus boisé et plus sec que la cuvée précédente, on retrouve plus des notes de fruits confits et de noix.

Damoiseau Concordia Statera

Notez que ces 3 nouvelles cuvées sont des blends mélasse/vesou.

Après une rapide discussion avec notre chère Cat Arnold des Rhum Toucan et redégustation de son très abouti N4, je me mets en route vers l’île de la Réunion.

 

Savanna

Commençons par une distillerie qui me tiens fort à cœur : Savanna. Après les retrouvailles avec Noëlle et la rencontre avec Cécile, je me lance sur la nouveauté du salon: le blanc créol (agricole) 52%

Blanc 52% : Le nez est floral et végétal (on pourrait trouver certaines similitudes avec un clairin). La bouche est douce, légèrement lourde, des notes d’oranges et une légère note saline apparaît. La finale est longue est persistante. Une chouette première dans la grande cour des rhums blanc agricole.

Savanna Créol 52%

 

 

Rivière du Mât

Passons à la seconde distillerie dégustée de l’île : Rivière du mat. Connaissant une bonne partie de la gamme proposée, je m’arrête sur une quille inconnue :

Rivière du Mat 2003 Single cask : Le nez est pâtissier, sur les fruits murs et très gourmand. La bouche est boisée et vanillée avec un bel équilibre. Une finale longue et douce. Vraiment sympa mais impossible de retrouver les informations de cette bouteille sur le web (si quelqu’un en a je suis preneur !) .

Riviere Du Mat 2003 SC

 

 

Fousquare/Velier

Fin de la partie agricole (qui aura été 75% de ma journée), place à la mélasse. Débutons avec une grande distillerie : Foursquare (où j’ai eu la chance d’avoir les dernières gouttes des différentes cuvées)

Foursquare Premise : C’est doux, on ressent bien le sherry. La finale fait apparaître une légère astringence.

Foursquare Dominus : plus complexe que le précédent, fruité avec un bel équilibre. Un produit très sympa.

Foursquare 2005 : petit frère du 2004, on retrouve un boisé et une amertume, c’est complexe et demande un temps d’aération. Il a une bonne longueur.

Foursquare Premise Dominus 2005

Foursquare Principia : C’est doux et rond, gourmand. Pour le classer, je le placerai entre le 2006 et le Triptych.

Restons chez Velier avec 2 nouvelles références :

HV Last Ward 2009 : Le nez est légèrement fruité, avec un léger boisé. La bouche reste sur le boisé avec un équilibre pas toujours à mon goût. De mes souvenirs, je lui préférais le 2007. Un face à face est à prévoir.

Clairin Valval fût de Caroni : On retrouve la minéralité du Vaval, l’influence du fût est assez (trop ?) discrète, pas de marqueurs de Caroni. Je l’aurais aimé un peu plus marqué.

Foursquare Principa HW Last Ward 2009

 

 

Excellence Rhum

Passons à un autre embouteilleur indépendant : Excellence Rhum où Alexandre nous propose, cette année encore, 4 nouvelles sélections.

ER Foursquare : c’est rond, gourmand et assez complexe, comme on les aime chez Foursquare.

ER Fiji : Assez vif, une palette aromatique différente de ce que l’on connait sur Fiji. Il faudrait que j’y retourne.

ER Port Mourant : Un boisé bien intégré, de la vanille et un bel équilibre pour un Port Mourant.

ER Worthy Park : C’est rond, et doux. Le boisé est léger. Un Jamaïcain avec une belle typicité.

Excellence Rhum

 

 

Compagnie des Indes

Avançons maintenant de quelques mettre pour rejoindre cette fois Florent, le capitaine de la Compagnie des Indes.

CDI Fiji : Le nez est minéral et sur les fruits murs. La bouche est ronde et équilibrée. Agréable et plus dans l’univers Fiji que celui d’ER.

CDI Jamaïque Clarendon : Le nez est boisé, vif avec les marqueurs de la Jamaïque. La bouche est assez douce et bien ample. De mémoire j’ai une préférence pour l’ancien New Yarmouth.

CDI Venezuela (version à 58%) : c’est intense, avec des notes d’iode et de mélasse, le boisée est rond et pas piquant. Un rhum déroutant et intéressant.

 

 

Plantation

J’arrive tout doucement vers la fin de mon périple avec la maison Ferrant et ses célèbres Plantations. Cette année ce sont deux petites nouveautés de la gamme standard et deux avant premières gentiment dévoilées de derrière les fagots.

Plantation Péru : c’est rond, pas trop doux, bien ficelé mais malheureusement pas vraiment à mon goût.

Plantation Fiji : après le très bon extrême, j’attendais avec impatience cette version plus commune. Il n’est pas trop doux, avec une belle typicité. Des notes de fruits assez présent. Bien agréable.

Extrême N3 Jamaïque (Long Pond) HTC : Le nez est équilibré et agréable. La bouche est intense avec une belle complexité. Un très bon jamaïcain.

Extrême N3 Jamaïque (Long Pond) ITP : Plus boisé que son prédécesseur, des notes de tabac plus intenses et une finale plus longue. Une superbe surprise.

Plantation Extreme N3 Long POnd

 

L’Esprit

Place au dernier embouteilleur indépendant de la journée : L’Esprit qui nous propose 5 nouvelles sélections.

Blanc Martinique : Le nez est poivré et floral. La bouche est vive est se développe vers des notes poivrées. La finale est plutôt courte. Après pas mal de discussions on serait sur un distillat de la Favorite.

Esprit Jamaican : Au nez c’est gourmand, fruité. En bouche on retrouve des épices (cannelle) et des fruits mûrs.

Esprit Beenleigh : Le nez fait penser à un Foursquare avec un coté rond et gourmand. La bouche est d’un boisé fin avec des fruits confits et un bel équilibre. Un rhum de très bonne facture.

L'Esprit Beenleigh

PS : Les blanc Port Mourant et South Pacific ont été testé mais trop rude pour ma part, pas facile de s’y délecter et je ne sais toujours pas comment déguster correctement ces rhums (dilué, mixo, …).

En Conclusion

Fin de cette édition pour ma part, vraiment heureux d’avoir pu y participer. Quelques stands me sont passés sous le nez (Reimonenq, Bologne, Bielle) : on s’y attardera l’année prochaine. Des rencontres toujours enrichissantes même si très rapides cette année. Un peu de regret de n’avoir pas pu prendre plus mon temps pour partager avec les exposants et autres amis du rhum mais ce n’est que partie remise 😉

 

PS: Merci à Seb Seb pour les photos qui me manquaient

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Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du rhum – La Barbade

« Brrrr qu’est-ce que ça caille ! »

C’est à peu près la phrase qui a animé l’arrivée de chacun des participants de cette nouvelle soirée des « Amis des amis du rhum ». Heureusement, notre programme était beaucoup plus chaleureux que l’air extérieur puisque la sélection du jour nous a envoyé vers l’île de la Barbade, au cœur des caraïbes.

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Passé l’apéro avec un planteur, certes frais, mais accueillant, nous attaquons la dégustation. A noter cependant, les notes ci-dessous sont le résultat des impressions de l’assemblée, ayant décidé de mettre en commun nos impressions pour ce compte rendu.

Saint Nicholas Abbey blanc – 40%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8305Ce blanc, seul véritable blanc commercialisé à la Barbade, est réalisé à base d’un « sirop de jus de canne » fermenté et distillé en Pot Still à 100%. Ce sirop est en fait le jus frais qui est évaporé sous vide, permettant son stockage et la fabrication du rhum tout au long de l’année.

À la dégustation, le rhum exprime un nez surprenant pour des habitués de l’agricole : c’est végétal et floral à la fois. Les fruits sont présents aussi main principalement des agrumes, citron et mandarine en tête. Certains y retrouvent même de la banane plantain. La bouche est cohérente, avec une impression très pâtissière, comme si le rhum était beurré, voire crémeux. Les arômes sont de la même gamme que ceux du nez, sur le floral et les agrumes.

Saint Nicholas Abbey 12 ans – 40%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8307

Passons maintenant au même rhum, mais après 12ans de passage en fût ex-bourbon. La première impression est un « waouh » en voyant la carafe qui est juste magnifique, gravée de l’habitation et fermée par un beau bouchon en bois : c’est très réussi.

Au nez les premières impressions sont clairement pâtissières, accompagnées d’amande et de fruits confits. Celles-ci s’accompagnent, pêle-mêle, de vanille, de cassonade, de banane mûre et d’un arôme assimilé au solvant. Le verre vide apportera par la suite un net retour sur le tabac frais. Un bel ensemble en tout cas.

La bouche, passée une première attaque légèrement poivrée, part sur le beurre, cuit voire légèrement brûlé. L’impression générale est d’avoir un de ces chocolats au lait beurré/sucré à souhait (genre kinder). C’est doux et agréable, ça tapisse la bouche. En résumé : une bien belle découverte !

Mount Gay 1703 old cask selection – 43%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8311Partons vers le sud de l’île pour passer à la plus vieille distillerie du monde, à savoir Mount Gay. Et pour découvrir cette maison, quoi que mieux que son fer de lance, la cuvée 1703, assemblages de rhums vieux de 10 à 30 ans. Notons qu’il s’agit là de l’ancienne version de la carafe, Mount Gay venant de modifier sa carafe et son contenu.

Le nez est enjôleur, très expressif, le premier nez est agrémenté de banane avant de partir sur la vanille, le toffee, avec juste un peu d’alcool mais rien d’excessif. On y retrouve également des notes de cire (celle qu’on applique sur les meubles,) mais pas « fraîche » à l’application, plutôt sur l’odeur du meuble déjà ciré.

La bouche, bien que reprenant les mêmes arômes que le nez, est plus courte et plus sage. C’est agréable mais ça manque un peu de longueur.

Cockspur VSOR 12 – 40%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8312Nouveau changement de distillerie, même si on ne se déplace que de quelques kilomètres, direction la West Indies Rum Distillery (WIRD), dont le rhum le plus connu est ce Cockspur (pourtant pas très connu). WIRD a une gamme relativement restreinte et ce VSOR en est le fer de lance, malgré son positionnement tarifaire très intéressant.

Côté dégustation, le nez est plein de promesses : du boisé, de la réglisse, de la cerise noire, de l’amande amère aussi. Un nez qui sent bon la « grosse mélasse qui colle », si caractéristique de la région du Demerara, pas si lointaine que ça finalement.  La bouche est elle aussi bien riche, avec un mélange des arômes du nez mais marqués par un chocolat bien noir avec ce mélange d’amertume et d’acidité caractéristique. Malgré tout ça l’impression générale de la bouche n’est pas grasse et collante, elle serait même un peu fraîche. Un vrai coup de cœur général ce Cockspur !

Foursquare Triptych Velier – 56%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8313Last but not least ; nous passons ensuite à la dernière distillerie de l’île que nous n’avions pas encore abordé : Foursquare. De cette distillerie sortent plusieurs marques différentes et nous aurions pu faire une sélection complète rien qu’avec ces références mais nous allons plutôt déguster deux références plutôt emblématiques de chez eux. Première référence, ce Triptych, fruit de l’assemblage de 3 millésimes, chacun vieilli dans un type de fût différent.

Le résultat est étonnant avec un nez très marqué par la poudre à canon. On y retrouve aussi des sensations de colle de contact et de glace rhum/raisin. En bouche, dès le début on part sur le vin cuit , avec une légère amertume, principalement au premier contact. Ensuite viennent les épices, le poivre et de nouveau cette poudre à canon. Les fruits ne sortent qu’en finale.

Foursquare 2004 Cask Strength – 59%

Passage ensuite à l’embouteillage « maison » de Foursquare avec ce 2004 brut de fût ayant passé 11 ans dans un fût ex-bourbon.

Le nez est enjôleur, sur la coco et la vanille. Un nez vraiment pâtissier qui donne envie d’y aller.  La bouche est bien plus marquée par les fruits avec des fruits exotiques et du zeste d’agrume. Viennent ensuite un mélange de fruits cuits et de vanille, un peu comme si on avait fait une compote d’ananas/lychee avec une gousse de vanille dedans.

Last Ward 2007 Habitation Velier – 59%

received_10155639584583173Nous terminerons cette belle soirée en retournant à l’ouest de l’île, chez Mount Gay, pour découvrir ce rhum issu d’une triple distillation. Un des derniers ayant été distillé sous le règne de la famille Ward.

Au nez nous partons directement sur de l’ananas bien mûr, avec juste une pointe d’acidité. Mes voisins retrouvent aussi de la levure de bière et même du bonbon à la fraise (avec la précision : « mais pas fraise tagada, plutôt lacet-fraise »).  La bouche rappelle les arômes du nez avec un peu moins d’ananas. Par contre on retrouve un petit côté terreux et cet arôme de bonbon fraise qui a viré en goût de bonbon « couilles de singe » (ceux qui ne connaissent pas, ça existe en bonbon et en liqueur et c’est censé être au goût cerise).

Conclusion

Voilà donc qui clôture en beauté notre voyage sur les terres de Rihanna. Ce périple nous aura entraîné dans chacune des distilleries de la Barbade et nous aurait fait découvrir toutes les facettes de cette île ancestrale du rhum et qui pourtant est en continuelle évolution.

Prochain rendez-vous des amis des amis du rhum ? Nous irons poser le pied sur la terre ferme du continent pour remonter le fleuve Demerara 😉

A bientôt !

 

Crédit photos: Michaël Muller, Cédric Lorne et Cédric Siperius

Dégustations de Spiritom, Rhums à l'honneur

Diamond & Versailles 1996

C’est en cette période de Noël que le Belgium Rhum Club a tenu à faire partager une partie d’histoire du rhum :

Tout ce qui va suivre a été rendu possible grâce aux démarches de Cyril Weglarz, Vincent Dufrane et Luca Gargano. En effet, ce dernier ne voulant pas que sa dernière référence DDL ne soit spéculée comme le reste de ses embouteillages Demarara sur le second marché, il a préféré ne la proposer en dégustation que lors de masterclass plutôt que de les mettre en vente normalement comme le reste de la gamme.
Mais après quelques années (pour les 70ans de la maison Velier), il a envie d’en faire profiter ses amateurs passionnés. C’est là que lui vient l’idée de ne les vendre qu’à différents clubs de dégustations ou amateurs chevronnés (à raison d’une bouteille maximum par client). C’est grâce aux démarches de Cyril Weglarz que notre ami Vincent a donc pu se procurer une bouteille de ce précieux breuvage et ce afin de le partager avec vous. Voilà pour la petite histoire de la bouteille.

Diamond & Versailles 1996

Passons maintenant à son contenu : un rum de Demarara Distillers Limited, blend de 2 alambics : un Coffey Still en métal (le Diamond S) et un pot Still en bois (le Versailles VSG) distillé en 1996 et assemblé avant la mise en fût. Dépotage des 2 uniques fûts créés en 2014. Durant ces 18 années, les anges ont « affoné » (oui, c’est vraiment le terme) plus 78% du précieux nectar ; ne permettant de sortir que 570 bouteilles au final, le tout en brut de fût à 57,9%.

Voici maintenant notre petite note de dégustation :

La robe est sombre et assez mate avec des reflets acajous.

Au nez, on retrouve le côté lourd du Demerara avec du café, les fruits blancs murs sont bien présents, des notes empyreumatiques toastées, du poivre blanc et de la cannelle. L’alcool ne se fait pas sentir du tout et le tout est vraiment bien équilibré. Avec de l’aération, le café laisse de la place à un boisé fin qui se marie à la perfection avec les notes de fruits.

La bouche est puissante (gardez en mémoire qu’il fait 57,9%), grasse et plutôt ronde. Les fruits rouges cette fois sont bien présents. Ceux-ci avec le léger boisé, des notes grillées, de mélasse et acidulées forment un tout bien équilibré. La fin de bouche évolue sur des notes plus sèches avec de la réglisse.

La finale est bien longue et persistante comme sur ce genre de produit avec de l’orange et une petite pointe de piment qui vous donne envie de retremper vos lèvres dans le verre …. Mais malheureusement, il est déjà vide 😥

Diamond & Versailles 1996

L’ensemble de la bouteille n’étant pas parti (oui, on a été sage, il reste quelques cl), le reste vous sera proposé en split par Vincent sur la page du BRC et ce au prix d’achat !

Stay tuned et joyeuses fêtes !

Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du Rhum – Bielle et Libération

Un mois s’est écoulé depuis la soirée jamaïcaine et nous voilà déjà pour la dernière soirée de l’année. Ce coup-ci, nous nous envolons sur l’île aux cents moulins et plus précisément dans les chais de l’habitation Bielle pour un petit duel entre la maison mère et l’annexe : j’ai nommé Rhum Rhum.

MarieGalante Line Up

Rhum Rhum (ou PMG pour Pur Marie-Galante) est un projet audacieux né de la collaboration en 2006 de Bielle, Luca Gargano et son ami Gianni Capovilla. L’idée est de créer un pur single agricole rhum. Les cannes sont donc les mêmes que celles de chez Bielle mais la fermentation se fait sur 7 à 9 jours (contre 48h pour Bielle) et le vin est distillé dans 2 alambics à repasse de type Muller (contre 3 colonnes Savalle chez Bielle). Pour le vieillissement, Bielle utilise principalement des fûts ex-bourbon alors que Rhum Rhum utilise des anciens fûts de Sauternes (Château d’Yquem), d’où la mention bois noble sur les étiquettes. Voilà pour la partie plus technique !

Passons à la partie dégustation avec, comme à l’habitude, 1 rhum blanc et 6 rhum vieux.

Rhum Rhum 56%Rhum Rhum PMG – 56%

Comme rhum blanc le choix s’est porté sur le Rhum Rhum blanc 56%. Le nez est iodé, végétal avec du poivre, légèrement « rocailleux ». La bouche est assez sèche et intense avec des fruits rouges. C’est en ti-punch qu’il se dévoile le plus avec une palette aromatique plus ample et plus parfumée.

Bielle 2006 – 42%Bielle 2006

Nous commençons les vieux est ce millésime 2006 titrant à 42% et âgé de 5 ans. Le nez est rond et fruité. On retrouve de l’amande et un léger côté vineux. Ensuite, c’est la fleur fraîche, le cacao et une pointe d’orange qui apparaissent.

Le côté pâtissier s’impose : très rond, chaleureux et gourmand, avec des fruits à chair blanche. La longueur par contre est un peu décevante.

Liberation 2012

Libération 2012 – 45%

Premier des trois libérations proposés pour la soirée, il est distillé en 2007 pour être embouteillé en 2012, soit 5 ans. Nous sommes donc sur le même âge (et à un millésime prêt) que la dégustation précédente. Le nez fait ressortir le Sauternes. C’est très rond, sur les fruits cuits (la poire) et un léger boisé. Avec de l’aération, c’est la poudre à canon qui s’impose : on se croirait en pleine canonnade d’un galion sur la mer des Antilles.

Les fruits confits sont vraiment présents, portés par une pointe de piment. Le boisé se fait sentir lui aussi, on perçoit même de la réglisse, comme si on avait un de ces bâtons dans la bouche.

Libération 2015 – 45%Liberation 2015

Cuvée 2015 avec un distillat de 2010 soit le même âge que la cuvée précédente. Au nez, le boisé se fait plus présent ainsi que les fruits exotiques. On peut y percevoir du sucre fondu qui fait penser à de la compotée de pomme.

En bouche, on est sur les fruits jaunes, dominés par la banane. Une belle longueur qui laisse en fin de bouche une sensation de caramel fondu qu’on avait deviné au nez.

 

Liberation 2017Libération 2017 Intégrale – 58,4%

Dernière de la soirée chez les Rhum Rhum, le Libération 2017 avec le même distillat que le 2015 (avec 2 ans de plus si vous avez suivi) mais en brut de fût cette fois. Le nez fait ressortir des fruits compotés, du vernis et on retrouve de la poudre à canon.

La bouche est explosive (on a du mettre le feu à la poudre, sans doute). Cette première bouche est rude, mais une fois cette explosion passée, on retrouve les fruits compotés et la canelle du nez, exacerbés par du piment.

Bielle 2008 40ème anniversaire – 53,4%Bielle 2008

Nous retournons chez Bielle avec ce millésime 2008 sorti pour les 40ans de la distillerie en brut de fût. Le nez fait ressortir des fruits blancs (melon Charentais qu’on a laissé prendre le soleil sur la plage arrière de la voiture en remontant du Sud) et agrumes (zeste de citron vert).

La bouche est toujours sur le fruit, avec des notes cacao. Assez complexe, elle demande de l’ouverture pour laisser apparaître des notes d’orangettes. Une bouche vraiment ronde et savoureuse.

Bielle 2007Bielle 2007 – 57,3%

Dernière référence de ce line up le brut de fût 2007 soutiré en 2014. Le nez est fruité sur la poire et la pêche, un léger boisé et un peu de toasté pour un tout bien équilibré. La bouche est plus explosive, l’alcool s’en ressent et les arômes reste toujours sur les fruits (orange-pamplemousse) avec des notes plus torréfiées. En finale ce sont des fruits cuits et du cacao qui se marient parfaitement.

 

 

Cette confrontation Bielle – Rhum Rhum était très intéressante. D’un côté un Bielle plus fruité et équilibré et de l’autre une extravagance bien différente des autres rhums agricoles avec des arômes bien trempés (boisé, poudre à canon). Hâte de pouvoir découvrir le prochain Rhum Rhum 2007 qui aura lui 10ans de vieillissement.

MarieGalante_ Line UP

En cette période de fêtes c’est avec une grande joie que le Belgium Rhum Club avait prévu une petite surprise pour les participants Pour les curieux, ça se passe par ici

Passez de bonne fêtes de fin d’année, on se retrouve en janvier pour un tour d’une grande maison martiniquaise familiale qui vient de fêter ses 85 printemps.

Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du Rhum – La Jamaïque!

C’est dans une ambiance décontractée sur fond de reggae mais sans les dreadlocks que nous nous retrouvons pour une nouvelle soirée dégustation des amis des amis du rhum autour d’un thème des plus alléchants : découverte des rums de la Jamaïque !

L’apéro donne directement le ton : le planteur habituel est remplacé pour l’occasion par un cocktail jamaïcain à base de Wray & Nephew overproof (63% d’ABV, ça annonce le niveau de la soirée) et de Ginger Beer fait maison -la recette est au bas de l’article pour les cuistots en herbe- avec quelques gouttes d’Angostura Bitter et/ou de sirop de gingembre.

Après cette mise en bouche, place au line up. Pour cette soirée jamaïcaine, notre hôte nous a fait voyager autour de cinq distilleries de l’île (qui en compte actuellement six) tout cela dans un ordre bien étudié pour correctement bombarder nos papilles d’esters.

 

Habitation Velier Forsyths WP 502

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Commençons avec l’Habitation Velier Forsyths WP 502 de la distillerie Worthy Park. Ce pure single rum signé Luca Gargano titre à 57% avec 502g d’ester. Le nez est très basé sur le solvant, les fruits frais (ananas), l’olive verte et le pain grillé. La bouche est lourde avec des fruits rouges mûrs et le foin qui se démarquent. La finale revient sur l’olive avec un côté salin. En ti-punch, le côté fruité de l’ananas ressort d’autant plus avec une gourmandise assez marquée.

 

Appleton 21 ans

Appleton 21

Après s’être sustentés, nous continuons notre tour de l’île avec la distillerie la plus connue: Appleton Estate.

Ce rum est un assemblage de distillats âgés entre 21 et 30 ans et titrant à 43%. Il est vraiment très ron(d), sur la vanille et légèrement sur les fruits à coque. La bouche est assez courte et sèche, toujours sur la vanille. Le verre vide fait ressortir des arômes de muscade. Il est assez déroutant pour un rum de la Jamaïque et je suis sûr qu’à l’aveugle j’aurais parié sur un ron.

 

Kill Devil Monymusk 2003

Kill Devil Jamaica 12ans

Cette version Monymusk (distillerie de Clarendon) de cette récente marque -embouteilleur écossais- est réduite à 46% et âgée de 12 ans. Le nez est très herbacé, avec de la fleur blanche (presque de l’ortie blanche un soir de pleine lune … , spéciale dédicace à Roger ^^) et tout en finesse ; il n’attaque pas les naseaux avec des esters plein la vue mais est bien frais, sage et bien ficelé ; cela me plait bien. La bouche reste sur le côté floral avec des notes de céréales et une finale longue et légère apportant une note d’amertume, de sucre brûlé.

 

Duncan Taylor Long Pond 2000

Duncan Taylor Jamaica 2000

Distillerie suivante et nouvel embouteilleur indépendant : Duncan Taylor. Le nez est sur le cuir, l’anis, un peu de mangue et de la Cranberry séchée. J’y retrouve également comme un vieillissement en fût de cognac et une note légèrement terreuse. En bouche, ce sont les notes de cuir et de réglisse qui prédominent avant de se terminer sur des arômes assez doux et équilibrés avec une apparition de fruits rouges.

 

Habitation Velier Forsyths 2006 <WPM>

Habitation Velier Forsyths 2006 WPM

Nous revenons chez Velier pour la version vieillie du premier rum. Cette version est âgée de 11 ans et titre à 58% pour un taux d’ester de 209gr/hlap. Le nez s’ouvre sur des notes de vernis, de fruits cuits, la banane (la peau ou flambée, selon votre convenance), des fruits à coque et toujours une petite note iodée. Au palais, le cuir se fait sentir, le bois noble (santal ?) et des fruits très murs. C’est lourd et ample avec une finale assez courte sur de l’olive.

 

 

Excellence Rhum Hampden 2000 LROK

Excellence Rhum Hampden 16ans

Nouvelle distillerie, nouvel embouteilleur (déjà lu ça quelque part ^^)! Ce rum de la distillerie Hampden – qui sortirait les rum les plus aromatiques de l’ile – a bénéficié d’un double vieillissement : tropical (20%) / continental (80%) pour un âge total de 16ans (je vous laisse faire le calcul pour les plus matheux d’entre vous) pour un degré de 54,6%. Le nez nous marque directement par ses notes beurrées, de banane, d’abricot et d’olive noire. Une belle attaque vive et fraîche vient envahir le palais, on y ressent du menthol, du foin, du sucre roux et de la banane caramélisée. La finale est marquée par une légère amertume boisée, une présence discrète d’olives noires et de foin.

 

Habitation Velier Hampden 2010 HLCF

Habitation Velier Hampden HLCF

Nous terminons notre tour d’horizon en revenant chez notre cher embouteilleur italien mais en restant sur la même distillerie que précédemment. Ce 6 ans d’âge vieilli exclusivement à la distillerie et titrant 68% nous envoie des esters : 550g/hlap ! Ce rum est fort concentré et il faut une bonne aération pour y discerner ses différents composants. Au nez, c’est gourmand et rond sur le solvant, les fruits exotiques (banane, ananas), un boisé cireux et du poivre. Il est acidulé, doux et rond. La bouche laisse apparaître de l’olive verte, un coté cuir et un discret fumé.

 

En conclusion

Nous avons, comme à chaque fois, passé une très bonne soirée en agréable compagnie. La sélection du line up était réussie et nous a permis de voyager dans les différents registres, si particuliers, des rums de cette île. Merci aux participants qui ont mis la main à la pâte (c’est le cas de le dire) pour le dessert, les photos, la musique et j’en passe. Je ne vous parle pas des duels qui ont eu lieu afin de récupérer les fonds de bouteilles !

On espère que les différentes distilleries commenceront prochainement à elle-même produire leur rum vieux afin de maitriser tout le processus de production (Appleton et Worthy Park le font déjà).

Vous pouvez maintenant reprendre une activité normale, on se retrouve début décembre pour une nouvelle B(i)elle soirée.

La recette du Ginger Beer : par ici 

Réservation pour la prochaine soirée : par ici

 

Dégustations Chez Antoine

Dégustation Privée « Le Goût du Bonheur » N°2

Quelques semaines après notre première soirée dégustation, nous re-voilà pour une nouvelle séance. Nous sommes cette fois encore plus nombreux, et je pense que nous avons atteint le maximum possible de participants pour une session.

Comme toujours, notre hôte nous reçoit chaleureusement et, à peine les 2-3 premières personnes présentes, l’ambiance est à la bonne humeur et au partage. Les dernières expériences, dégustations, informations et petites fioles fusent de tous les côtés ; le tout embaumé d’agréables effluves de rhum.

Une fois tous les participants présents, l’heure est à l’organisation de l’énorme (aussi bien en nombre de bouteilles qu’à la qualité de celles-ci) line up.  Nous n’avions en effet pas moins de 13 références à déguster lors de cette soirée. D’un certain point de vue, nous avons fait honneur aux 70 ans Velier, au vu du nombre de ses références présentes.

Afin de rester cohérents, nous avons regroupé les références du jour en 4 groupes : Les Neisson millésimés (3 références), les RhumRhum Libération (2 références), Les Foursquare et Barbade (4 références), et les hors catégories (3 références).

Les Neisson

Commençons cette soirée avec de l’agricole, et pas n’importe lequel, celui de la plus petite distillerie martiniquaise : Neisson. Pour ce groupe, nous avons eu droit aux millésimes 2004 (LMDW), 2005 étiquette rayée et 2005 étiquette blanche.

Les trois versions ont une robe assez similaire sur le doré et cuivré. Au nez, le 2004 est fruité (coco), avec des notes de cacao, un léger boisé avec une petite amertume (gentiane). La bouche est vive, sur la canne, poudrée (chêne neuf), une note de réglisse et de fruits jaunes (pomme, poire). La finale est longue avec une note boisée, réglissée et une pointe de muscade.

Le 2005 Rayé a un nez plus timide sur les mêmes tonalités, avec un fruité plus sur la pomme. La bouche est plus fine, on retrouve le cacao et la réglisse mais également des agrumes ainsi qu’un soupçon de piment. La finale est quant à elle plus mentholée.

Passons au 2005 étiquette blanche ; au nez nous retrouvons presque l’identique que la version rayée avec, en plus, des fruits secs et une présence d’agrumes accentuée. La bouche et la finale sont plus sur le boisé et les agrumes, plus vives moins fines et complexes que la version rayée.

Les Libération

Restons toujours sur du vesou mais cette fois-ci de Marie Galante et les fameux RhumRhum Libération. Fruits du travail conjoint de Mr Gargano et Maître Capovilla dans le domaine de Bielle. Pour ce groupe, nous avons le Libération 2010 et le Libération 2012 Full Proof à déguster.

Teneur en alcool oblige, nous avons démarré par la version 2010. Un nez assez terreux avec de la résine, du cacao, de la craie et du fruité assez original pour un rhum de vesou. La bouche est fruitée, très ronde, avec une finale douce, fruitée et fraîche.

Sa grande sœur, la version 2012, est totalement différente (notez que nous avons dégusté la version intégrale à 59,8%). Au nez c’est la poudre à canon et la réglisse qui dominent ; viennent ensuite les agrumes et le gingembre. La bouche est évidemment moins ronde que le 2010 mais toujours aussi présente sur les fruits (agrumes et sherry). Le souffre et la réglisse du nez viennent compléter l’ensemble. La finale est extrêmement longue et fruitée.

Les Foursquare et Barbade

Comme c’est le sujet du moment sur la plupart des forums, nous ne pouvions passer à côté d’une série de dégustation Foursquare. Avec pour ce groupe : Rabbie’s Rhum, Foursquare 2006 Velier, Foursquare Triptych Velier et Foursquare 10ans Blackadder.

Le Rabbie’s Rhum est un single barrel de la Barbade (West Indies) de 16 ans d’âge titrant à 57,6%.  Le nez est assez déroutant ; on retrouve principalement des céréales et un léger tourbé. Sans voir la bouteille nous étions plusieurs ne pas penser à un rhum mais à un whisky. A côté de ces arômes viennent un fruité et une petite minéralité. La bouche suit le nez avec toujours les céréales, un coté fumé et fruits très murs (banane) à la manière de certains jamaïcains.

Viennent ensuite les 2 Foursquare Velier. Comme précédemment, nous commençons par le Triptych au vu de la différence du degré d’alcool. La bouche est très ronde, le fût de madère y est clairement pour quelque chose. Les fruits rouges et un côté végétal se font sentir. Le tout est bien équilibré. La version 2006 est plus exubérante avec un côté plus pâtissier, un fruité (banane) et plus de peps.

Nous terminons cette série avec le Blackadder Foursquare 11ans 2004 à 62%, un nez assez rond de la mélasse pâtissière, un nez vraiment prometteur. En bouche, on retrouve un rhum très bien fait, assez vif en première bouche, des marqueurs typiques de la Barbade, épicés et complexes. La finale est longue et assez sèche et nous attire à y replonger nos papilles.

Les Hors catégorie

Après ces 9 première dégustations, nous étions déjà bien, mais c’était sans compter la venue de superbes références gracieusement partagées par leur propriétaire. Commençons la série par le Damoiseau 1980 (version damoiseau) à 60.8%.

Ce rhum est vraiment déroutant, produit à base de mélasse et de vesou. Nous retrouvons ces 2 marqueurs directement au nez, la canne fraiche et de la mélasse caramélisée, le tout suivi d’une petite pointe d’amertume. En bouche, l’alcool est bien présent mais se fait rapidement oublier. C’est très fruité (compotée et fruits jaunes), fruits à coques avec une fin de bouche sèche et une petite astringence. La finale reste sur les fruits avec une touche mentholée.

Pour continuer dans la lignée des Velier, le suivant nous vient tout droit de Mr Gargano et du Demerara : Le Enmore 1995. Le nez est étonnamment doux, sur la mélasse, un petit côté hydrocarbure. La bouche est ronde, sur les épices, beurre de cacao, orange amère avec une petite pointe salée et d’acidité. L’alcool est superbement intégré. La finale est évidemment très longue

Le dernier monstre de notre soirée nous vient aussi d’Italie : le Hampden Wild Parrot de Stefano Cremaschi. Le nez est fabuleux, très aromatique sur les marqueurs typiques Hampden. La bouche est superbe avec un fruité exotique (ananas, banane), un peu épicé (cumin, curry) ainsi qu’un léger tourbé.

Voilà qui termine cette superbe soirée, en plus des notes ci-dessus, c’est surtout l’ambiance et l’échange avec des passionnés qui nous a ravis une fois de plus. Promis, on se retrouve après les vacances 😉

Dégustations Chez Antoine

Dégustation Privée « Le Goût du Bonheur » N°1

Cela fait déjà quelques temps maintenant que nous avions envie de nous retrouver entre amateurs avertis afin de mieux se connaitre et faire découvrir certains de nos délicieux nectars à nos confrères Wallons. Car mis à part les dégustations à Incourt organisées par Cédric, notre jeune province est dépourvue de club de dégustation. Cela a mis un petit moment afin de réunir tout le monde et de trouver un lieu adéquat. C’est donc chez notre ami et caviste préféré de Nivelles que nous nous sommes retrouvés tous les huit pour notre première session. Voici donc un petit retour sur cette belle soirée pleine de découvertes.

Le principe pour cette première soirée était que chacun apporte une bouteille intéressante de son choix. Lors de cette session, c’est davantage le rhum agricole qui a été mis en avant.

La Mauny Très vieille Cuvée

Entrhums_La MaunyAncien embouteillage La Mauny. Un rhum vieux de 10 ans, vieilli en fût de chêne. Nous sommes devant une robe cuivrée avec des jambes fines et collantes, cela promet donc une texture intéressante. Le nez est boisé au premier abord et vire ensuite sur le  fruité (orange), la cannelle et le tabac blond. En bouche, nous retrouvons ce côté boisé. Viennent ensuite des notes plus piquantes (poivre, piment), moins fruitées que le nez ne le laissait penser. Le menthol fait légèrement sont apparition en fin de bouche. La finale est sur la canne avec des notes de vanilles assez longue.

Après ce premier rhum, nous avons fait découvrir un échantillon du nouveau La Mauny 2005 cuvée confrérie pour lequel nous avions déjà rédigé une note de dégustations ici.

La Favorite Millésime 2008 Fûts 2 et 8

Entrhums_Degustation Croisee_La Favorite Millesime 98_La Favorite nous revient avec de belles nouveautés : Blanc bel’air, Privilège 1999 André Dormoy et ce millésime 2008 mis en bouteille en 2016 à 44,7% pour le fût 2 et 44,5% pour le fût 8. Maximum 250 bouteilles disponibles pour chaque fût (10 fûts devraient voir le jour au total).

Commençons par le fût N°8 : la robe est assez sombre avec de jambes fines. Le nez est fruité, rond, sur la canne et l’amande. La bouche est intense sur les fruits rouges; on ne s’attendait pas à une telle intensité de la part de la Favorite (une réelle rupture avec les cuvées Flibustes et ancienne Privilège). La finale est par contre assez courte, un peu plus de longueur aurait été bénéfique pour une bouteille de cette gamme.

Pour le fût N°2, le nez est directement plus sec. la bouche toujours intense et ronde mais davantage boisée. La finale nous a semblé très légèrement plus longue.

Il faut noter que le fût N°2 a été ouvert sur place alors que le fût 8 avait été ouvert depuis longtemps, le niveau de la bouteille a donc donné une belle oxygénation à ce dernier comparé au fût N°2.

Neisson 12 ans 2000

Entrhums_Neisson 12 ansCe Neisson (non commercialisé) provient d’un échantillon fourni par la distillerie pour un salon. Il s’agit du 15 ans d’âge, soutiré 3ans avant la mise en bouteille officielle.

Le nez fait ressortir des notes de noisettes, de fruits et une légère touche de vanille. La bouche suit fidèlement le nez mais nous a semblé moins douce que les autres références de la gamme (notamment le XO et cuvée 3ème millénaire). La finale manque de longueur également.

Au final, nous avons à faire un bon rhum, mais pas encore fini. Nous comprenons la raison des années de vieillissement supplémentaires afin qu’il s’exprime plus amplement. Une dégustation face à face avec le 15ans (batch 2015) devrait être fort intéressante.

Saint James 1974 (non millésimé)

Entrhums_Saint James_1Cet ancien rhum vieux Saint James a été produit en 1974 et titre à 47%. Ce rhum se distingue des rhum Saint James actuels par une méthode de production différente. Cela lui confère des arômes plus prononcés.

Premièrement, la robe est étonnamment claire avec des jambes légère. Le rhum ne doit pas être très âgé, on lui donnerai entre un 3 et 4 ans. Le nez fait ressortir des notes de fruits (ananas), de cuir, réglisse et un marqueur que l’on ne retrouve pas sur les rhum agricole actuel : le vernis. La bouche est sèche, avec  des notes pâtissières et banane, un peu caramel et se termine sur des marqueurs boisé, cendré et de tabac. La finale est malheureusement courte ce qui, combiné à la bouche sèche, nous oblige à reprendre une gorgée.

HSE 2007 brut de fût confrérie du rhum batch 1

Entrhums_HSE Confrerie du rhumPremière version du HSE confrérie du rhum et premier brut de fût de HSE. Ce rhum a été mis en fut en 2007 et soutiré en 2016 à 52,2%. 800 bouteilles de 50cl ont été produites.

La robe est cuivrée, Le nez est assez rond, fruité (sur la banane), un peu boisé et une légère vanille apparaît avec le temps. L’alcool ne se fait pas sentir. En bouche on retrouve les marqueurs de HSE mais plus sec avec des notes de fruits rouge, assez tanniques, et de fumée. La finale est assez longue, fruitée et légèrement sèche voire un peu amère.

Nation Rare Rhum Savanna 10 anssavana.jpg

Fabio Rossi continue sa série des Rare Rhum avec ce Savanna intense (à base de mélasse) 10ans (2006 -2016) titrant à 54,2% fut 674. Notons qu’il existe un autre Savanna 15ans à 52,8%.

La robe est soutenue avec des jambes épaisses et lourdes. Le nez est assez vineux comme s’il y avait une finition Porto (ce qui ne semble pas être le cas) avec des touche balsamiques. la bouche fait ressortir des arômes de fruits sec tout en rondeur et gras. La finale est longue et tannique avec un léger boisé.

_DSC3985Bielle 2010 60 ans LMDW

Sorti pour les 60 ans de La Maison du Whisky, ce Bielle 2010 est un 5 ans d’âge titrant à 56%. 1200 bouteilles ont été produites.

Le nez est assez déroutant : des notes de fleurs blanche, légèrement fruité mais surtout des notes de souffre et de poudre à canon. La bouche suit cette même tendance avec une explosion d’arômes: poudre, fruits murs (passion) et chêne mais avec un alcool bien intégré.

Velier Caroni 1994 Heavy Rhum

Caroni, la distillerie fermée depuis 2001 avec ses rhums aux arômes si particuliers (hydrocarbure), nous est présentée ici via un des meilleurs embouteilleurs : Velier. Le rhum entièrement vieilli sur place a été mis en bouteille en 2011 avec une réduction à 52%.

La robe est cuivrée avec des reflets acajou, on peut apercevoir un léger disque se dessiner. Le nez fait principalement ressortir des notes de caoutchouc et de fleur blanche. Nous sommes sur des marqueurs typiques Caroni. La bouche confirme le nez, nous retrouvons le caoutchouc et fumé avec une fraîcheur herbacée qui équilibre l’ensemble. La finale est extrêmement longue sur des notes de fumée et de menthol.

Voila qui conclu cette première soirée dégustation. Le niveau était bien au rendez-vous, avec de très belle découvertes gustatives et de belles rencontres. Merci à notre hôte pour son hospitalité. On se retrouvera surement prochainement pour une seconde session.