Dégustations Chez Antoine

Dégustation Privée «Le goût du Bonheur» N°3

Voilà une nouvelle dégustation chez notre caviste préféré, l’occasion pour nous de partager une belle bouteille que nous avons dans notre collection.

Antoine nous accueille en nous proposant de (re)déguster le New Yarmouth, dernier jamaïcain de la compagnie des Indes. Toujours en « pré-line-up », Thomas nous fait (re)découvrir le Lontan 57 de chez Savanna. Après ces tournées de saveurs, nous voilà prêts pour les six (enfin, sept) références de la soirée.

Line Up Antoine N°3

Saint James Single Cask 1997 – 42,7%

Saint James 1997-2012On commence notre soirée sur le millésime de 1997 de Saint-James dépoté en 2012 (un 15 ans donc), qui sort pour célébrer les 20 ans de l’AOC martiniquais. La bouteille fraîchement arrivée de La Martinique (un tout grand merci d’ailleurs à Marc Sassier) a été ouverte pour cette soirée, arrivant trop tard pour le salon de Spa. Au nez, on retrouve essentiellement du bois et de la réglisse avec la patte St James. Un parfum végétal finit par émerger après une légère aération. L’attaque en bouche est sur le sous-bois légèrement épicé, un peu herbacée, du cacao et un peu torréfaction . On retrouve du cuir en fin de bouche. Nous avons été surpris par la longueur très courte de ce rhum. Est-ce le voyage et le peu d’ouverture que nous lui avons laissé qui l’empêche de s’exprimer ? Nous devrons clairement nous y replonger.

Edit : après un face à face le lendemain entre le Single Cask 1997-2012 et le Single Cask 1998-2009, on retrouve une palette aromatique assez similaire avec plus d’intensité, de longueur et des notes de fruits secs plus marquées pour le 1998.

 

La Favorite, cuvée Privilège 1999 – 43%La favorite Privilège 1999

Le nez est doux, sur le fruit (raisin), du bois blanc avec un peu d’épices (muscade). La bouche débute sur l’alcool avec une attaque sur le poivre blanc. On retrouve ensuite le côté raisin et résineux (une petite similitude avec le vin Retsina me vient en tête). Très surprenant par rapport au souvenir qu’on en gardait du RhumFest Paris ou ce rhum nous semblait plus équilibré, avec un alcool mieux intégré.

 

La Favorite, cuvée Flibuste 1987 – 40%

La favorite Flibuste 1987

On enchaîne dans la même maison en changeant de cuvée. La fameuse Flibuste (que certains divinisent alors que d’autres la qualifient de « jus de pruneaux ») est la troisième sur le line-up, ouverte pour l’occasion elle aussi. Au nez, on ne peut pas passer à côté des pruneaux, avec derrière de la muscade et de la réglisse assez bien présente. La bouche confirme le nez pour les pruneaux tandis que l’on retrouve un peu d’épices, des amandes et de la vanille. La finale est plus fraîche avec un boisé très agréable. Très rond, il est moins liquoreux que dans mes souvenirs.

 

 

Bielle 2004  – 45%

Bielle 2004Passons à l’île au cents moulins avec cette première référence, le Bielle 2004 10 ans d’âge. Au nez, on est clairement sur des fruits exotiques (principalement banane) auxquels viennent s’ajouter de l’orange un peu confite. Les agrumes sont très présents. La bouche continue sur le profil agrume en évoluant et du cacao – ce qui donne un effet orangette! En finale, la vanille se fait sentir sur un fond légèrement boisé et de fruits secs (noix) pour une superbe longueur.

 

Chantal Comte,  Tour de l’Or – Bielle  – 56,6%

Bielle Tour de l'or Chantal ComteSecond tour pour Bielle avec un sélection Chantal Comte brut de fût à 56,6%. Le nez est très frais, herbacé où la menthe poivrée ressort vraiment bien. Un boisé est également présent pour un très bon équilibre. Il est gourmand en bouche, on y retrouve un peu de fruits compotés (mangue), quelques épices (de la muscade) et du boisé de sental en fin de bouche. La finale très longue et douce reprend ces notes avec une pointe saline.

 

 

J. Bally 1998 Brut de fût – 59,1%

Bally 1998 brut de futEncore une bouteille de Madinina, encore une bouteille ouverte pour l’occasion. Le nez est pâtissier : vanille, amande amère, beurre fondu et soupçon de piment sont au rendez-vous. Si le nez nous séduit, la bouche nous étonne : le boisé est très (trop ?) présent. Le chêne se fait sentir tout au long de la bouche, emportant la palette aromatique avec lui et surplombe les épices (cannelle et piment). On retrouve un peu de caramel en fin de bouche. Probablement un rhum qui mérite une ouverture bien plus longue que ce à quoi il a eu droit. Ce sera une raison de plus d’y revenir !

 

Berry Bros & Rudo – Caroni 19 ans – 55%

Berry Bros Caroni 19ansPassons au seul rhum de mélasse de la soirée proposé pour les amateurs de bitume (non pas de sport moteur sur ce blog, juste les arômes qui vont avec). Nous avons droit à un Caroni de chez Berry Bros vieilli 19 ans en climat continental et réduit à 55%. Au nez c’est gourmand ! Certes, le goudron est présent mais se marie bien avec le côté fruité (pomme) et réglissé. La bouche est ronde, fumée, toujours la réglisse et de l’iode. La finale est longue et fine avec l’apparition de fruits secs. C’est un produit très bien équilibré qui est plus dans la subtilité des arôme que dans l’extravagance que peuvent donner les rhum de cette distillerie.

 

 

Une belle soirée d’échanges et de partage qui s’achève. On se retrouve peu, mais à chaque fois le plaisir y est! Rendez-vous en 2018 pour la suite!

 

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Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du Rhum – La Jamaïque!

C’est dans une ambiance décontractée sur fond de reggae mais sans les dreadlocks que nous nous retrouvons pour une nouvelle soirée dégustation des amis des amis du rhum autour d’un thème des plus alléchants : découverte des rums de la Jamaïque !

L’apéro donne directement le ton : le planteur habituel est remplacé pour l’occasion par un cocktail jamaïcain à base de Wray & Nephew overproof (63% d’ABV, ça annonce le niveau de la soirée) et de Ginger Beer fait maison -la recette est au bas de l’article pour les cuistots en herbe- avec quelques gouttes d’Angostura Bitter et/ou de sirop de gingembre.

Après cette mise en bouche, place au line up. Pour cette soirée jamaïcaine, notre hôte nous a fait voyager autour de cinq distilleries de l’île (qui en compte actuellement six) tout cela dans un ordre bien étudié pour correctement bombarder nos papilles d’esters.

 

Habitation Velier Forsyths WP 502

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Commençons avec l’Habitation Velier Forsyths WP 502 de la distillerie Worthy Park. Ce pure single rum signé Luca Gargano titre à 57% avec 502g d’ester. Le nez est très basé sur le solvant, les fruits frais (ananas), l’olive verte et le pain grillé. La bouche est lourde avec des fruits rouges mûrs et le foin qui se démarquent. La finale revient sur l’olive avec un côté salin. En ti-punch, le côté fruité de l’ananas ressort d’autant plus avec une gourmandise assez marquée.

 

Appleton 21 ans

Appleton 21

Après s’être sustentés, nous continuons notre tour de l’île avec la distillerie la plus connue: Appleton Estate.

Ce rum est un assemblage de distillats âgés entre 21 et 30 ans et titrant à 43%. Il est vraiment très ron(d), sur la vanille et légèrement sur les fruits à coque. La bouche est assez courte et sèche, toujours sur la vanille. Le verre vide fait ressortir des arômes de muscade. Il est assez déroutant pour un rum de la Jamaïque et je suis sûr qu’à l’aveugle j’aurais parié sur un ron.

 

Kill Devil Monymusk 2003

Kill Devil Jamaica 12ans

Cette version Monymusk (distillerie de Clarendon) de cette récente marque -embouteilleur écossais- est réduite à 46% et âgée de 12 ans. Le nez est très herbacé, avec de la fleur blanche (presque de l’ortie blanche un soir de pleine lune … , spéciale dédicace à Roger ^^) et tout en finesse ; il n’attaque pas les naseaux avec des esters plein la vue mais est bien frais, sage et bien ficelé ; cela me plait bien. La bouche reste sur le côté floral avec des notes de céréales et une finale longue et légère apportant une note d’amertume, de sucre brûlé.

 

Duncan Taylor Long Pond 2000

Duncan Taylor Jamaica 2000

Distillerie suivante et nouvel embouteilleur indépendant : Duncan Taylor. Le nez est sur le cuir, l’anis, un peu de mangue et de la Cranberry séchée. J’y retrouve également comme un vieillissement en fût de cognac et une note légèrement terreuse. En bouche, ce sont les notes de cuir et de réglisse qui prédominent avant de se terminer sur des arômes assez doux et équilibrés avec une apparition de fruits rouges.

 

Habitation Velier Forsyths 2006 <WPM>

Habitation Velier Forsyths 2006 WPM

Nous revenons chez Velier pour la version vieillie du premier rum. Cette version est âgée de 11 ans et titre à 58% pour un taux d’ester de 209gr/hlap. Le nez s’ouvre sur des notes de vernis, de fruits cuits, la banane (la peau ou flambée, selon votre convenance), des fruits à coque et toujours une petite note iodée. Au palais, le cuir se fait sentir, le bois noble (santal ?) et des fruits très murs. C’est lourd et ample avec une finale assez courte sur de l’olive.

 

 

Excellence Rhum Hampden 2000 LROK

Excellence Rhum Hampden 16ans

Nouvelle distillerie, nouvel embouteilleur (déjà lu ça quelque part ^^)! Ce rum de la distillerie Hampden – qui sortirait les rum les plus aromatiques de l’ile – a bénéficié d’un double vieillissement : tropical (20%) / continental (80%) pour un âge total de 16ans (je vous laisse faire le calcul pour les plus matheux d’entre vous) pour un degré de 54,6%. Le nez nous marque directement par ses notes beurrées, de banane, d’abricot et d’olive noire. Une belle attaque vive et fraîche vient envahir le palais, on y ressent du menthol, du foin, du sucre roux et de la banane caramélisée. La finale est marquée par une légère amertume boisée, une présence discrète d’olives noires et de foin.

 

Habitation Velier Hampden 2010 HLCF

Habitation Velier Hampden HLCF

Nous terminons notre tour d’horizon en revenant chez notre cher embouteilleur italien mais en restant sur la même distillerie que précédemment. Ce 6 ans d’âge vieilli exclusivement à la distillerie et titrant 68% nous envoie des esters : 550g/hlap ! Ce rum est fort concentré et il faut une bonne aération pour y discerner ses différents composants. Au nez, c’est gourmand et rond sur le solvant, les fruits exotiques (banane, ananas), un boisé cireux et du poivre. Il est acidulé, doux et rond. La bouche laisse apparaître de l’olive verte, un coté cuir et un discret fumé.

 

En conclusion

Nous avons, comme à chaque fois, passé une très bonne soirée en agréable compagnie. La sélection du line up était réussie et nous a permis de voyager dans les différents registres, si particuliers, des rums de cette île. Merci aux participants qui ont mis la main à la pâte (c’est le cas de le dire) pour le dessert, les photos, la musique et j’en passe. Je ne vous parle pas des duels qui ont eu lieu afin de récupérer les fonds de bouteilles !

On espère que les différentes distilleries commenceront prochainement à elle-même produire leur rum vieux afin de maitriser tout le processus de production (Appleton et Worthy Park le font déjà).

Vous pouvez maintenant reprendre une activité normale, on se retrouve début décembre pour une nouvelle B(i)elle soirée.

La recette du Ginger Beer : par ici 

Réservation pour la prochaine soirée : par ici

 

Événements, Dégustations de Mister K

Spa, reine du rhum le temps d’un weekend

salon

Cette quatrième édition du salon belge des découvertes rhumesques s’est tenue ces 7 et 8 octobre. Pour cette année, deux maisons se sont associées aux organisateurs pour présenter deux produits dédiés au salon : Neisson et New Grove.

Cet article ne fait qu’effleurer les produits présentés et ne se veut ni une liste exhaustive de ce qui était présent ni même de ce que j’ai pu goûter (n’ayant pas noté à chaque fois).
D’ailleurs, ma dégustation Collector fera l’objet d’un autre billet qui va suivre.

En ce qui concerne le stand Rarities qui a brillé par son absence, il a fait des déçus au rang desquels se trouvait Vincent Thill, l’organisateur du salon, qui a appris le jeudi que la personne ne pourrait être présente à Spa suite à des soucis familiaux. Une perte pour le salon qui n’a en rien diminué la qualité de celui-ci.

 

Avant d’attaquer la première cuvée « Salon », un petit Neisson 52.5 histoire de préparer le palais. Cette canne bleue a une superbe longueur et me voilà dans les starting-blocks pour l’une des cuvée du salon.

neisson

La distillerie martiniquaise nous propose un rhum vieux single cask et brut de fût de presque 5 ans qui tape juste en dessous des 50 watts avec 49,2%,  présenté dans une belle carafe prestige (comme celle des cuvées du début des années ’90). Et Neisson ne fait pas défaut à sa réputation : il s’agit d’une belle claque pour un 4 ans (et 10 mois) d’âge. Le boisé est évidemment présent avec des notes vanillées au nez. Une belle bouche intense où le bois (note d’épicéa)  est présent sans s’imposer. On sent quelques notes épicées et d’orange confite en fin de bouche. Assez rond et d’une belle longueur, la finale n’est pas sèche malgré son jeune âge. Une très belle réussite.

newgrove

En ce qui concerne New Grove, on est sur un rhum de 2007 brut de fût & single cask également titrant à 52,7%. Son nez assez simple où le boisé du fût se fait sentir. La bouche est sur le piment doux et la réglisse avec un peu d’amertume. Je dois avouer que je n’en garde pas un souvenir impérissable.

Au-delà de ces deux cuvées, on retrouvait dans cette salle grandiose qu’est le théâtre du Casino de Spa pas moins d’une soixantaine de stands, avec l’apparition très remarquée de Savanna par laquelle je vais commencer un petit débrifieng des dégustations du weekend.

savanna

Le Lontan 57 (stabilisé à … 57% of course), pâtissier et fruits exotiques au nez avant de se porter sur les olives noires et une fin de bouche légèrement sur le beurre.

Le HERR blanc 57 (envoyant 57 watt aussi) est quant à lui sur la fraise Tagada avec une pointe de menthol, presque de la gomme. En bouche, c’est toujours le côté bonbon qui ressort, un peu sur le chewing-gum. En deuxième bouche vient de la mirabelle. La finale est sèche et herbacée (fougère et thym).

Le blanc Intense (40%) a un nez sur le fruit exotique (ananas) et une bouche assez douce, presque sur le miel. On finit sur l’orange.

Le Métis (rhum traditionnel maturé stabilisé à 40%) a un nez qui me fait penser à l’ananas confit, une bouche assez douce aussi (avec quelques notes de vanille). Une belle révélation pour moi, surtout qu’il se prête à merveille en cocktail avec du sirop de Galabé : une tuerie!

Le 7 ans (43%) a un nez boisé avec une pointe d’épice (muscade). La bouche fait ressortir un peu de poivre et de vanille avec un crescendo dans les arômes, la fin de bouche ayant davantage de punch.

Le 8 ans Intense fini en fût de Xéres (46%) a un nez fruité et une bouche qui fait ressortir le bois (chêne) et du miel, c’est assez onctueux. Le finish ressort assez bien.

Le 10 ans Intense, finition HERR (50,8%), qui fait évidemment ressortir les arômes du High Ester de Savanna : citronelle, agrumes et bonbon. Beaucoup plus facile à dompter que le HERR, c’est un petit coup de coeur pour moi.

 

Un petit tour chez Longueteau où François présente la gamme traditionnelle qu’on ne présente plus : du VS au XO en passant par le VSOP et Grande Réserve, les vieux étaient accompagnés d’autant de blancs : les trois parcellaires (n°1, n°4 et n°9) sans oublier le Genesis et le fer de lance de la maison : le 62. Mais derrière toutes ces pépites se cache le nouvel ESB qui répond au doux nom de Prélude. Élevé dans des fûts neufs, il est proposé en avant-première avant une sortie officielle en 2018 (qui a dit Rhumfest? ^^). Le boisé est présent (chêne vif), des notes fumées au nez. L’alcool n’a pas encore été assagi, même si le chocolat pâtissier (chocolat amer) est assez présent. Une longueur assez surprenante pour un ESB. Un produit qui n’est pas encore le définitif, mais on sent la direction qu’il prend. Rendez-vous donc en 2018 pour le redéguster et aussi découvrir les quelques surprises que la maison guadeloupéenne nous prépare.

ferroni

Un petit tour du côté du stand Ferroni, situé juste à l’entrée de l’espace Collector.

Le Pur Jus, 56%, porté légèrement sur la sucrosité du miel possède des notes végétales. La bouche est très clairement sur la canne avec une pointe de poivre.

Le brut de fût Cuba (58,5%) est assez discret au nez et porté sur le caramel en bouche. Il reste cependant assez calme pour un rhum qui avoisine les 60%

Le brut de fût Trinidad (57,5%) possède en revanche une attaque vive. La bouche est intense et fait ressortir la réglisse et des notes herbacées.

Le dernier brut de fût est le Jamaïcain (63,4%) qui possède aussi une bouche très intense, avec du boisé et du piment et une belle longueur.

Au delà des rhums dégustés, je retiendrai aussi l’intarissable Guillaume Ferroni qui explique chacun de ses rhums avec force de détails sur leur maturation, les impacts des différents chais de vieillissement. Cela vaut vraiment la peine dans un salon de passer par chez lui et de l’écouter en dégustant ses breuvages.

 

toucan

Du côté de chez Toucan, on est toujours très bien accueilli aussi. Cat Arnold est toujours aussi enthousiaste pour son rhum de Guyane qu’on ne peut que se laisser emporter par son énergie. Le Blanc est bien connu, la canne fraiche est très présente. C’est un rhum gras en bouche qui doit cartonner en ti-punch!

Le n°4 de chez Toucan est vraiment bien réussi, avec des notes de sous-bois, une bouche douce et ronde. C’est un rhum plus complexe qu’il n’y paraît, avec une deuxième bouche plus relevée et surtout une belle longueur. Une réussite qui vient de recevoir une médaille d’or à Berlin, Bravo Cat !

 

clyde

Je finis ce petit aperçu par Dr Clyde, une distillerie belge, proposant un rhum distillé en Belgique à partir de panela (pain de vesou cuit, issu du commerce équitable).

Le Blanc (50%) est assez sirupeux au nez et très porté sur la mélasse. La bouche est assez molle avec de la rondeur mais une longueur un peu trop courte.

Le Vieux réduit (45%) (et pas l’ancien placard hein) possède une bouche un peu herbacée, avec du boisé, beaucoup de caramel et de la réglisse. La longueur est moyenne.

Le Vieux brut de fût (60%) possède une attaque vive de part ses watts. Les notes de caramels sont toujours présentes mais ne s’imposent plus. Le miel est là aussi, porté sur l’acacia. La longueur est assez intéressante, probablement grâce au punch de son degré.

Je partais sans grand enthousiasme découvrir cette gamme et je reviens mitigé : je suis surpris, m’attendant surtout à de la glycérine à outrance et à un produit sans aucune expression et je constate que c’est un produit qui peut évoluer. Affaire à suivre.

 

En tout cas, le salon est clairement une réussite. La cinquième édition se tiendra (si je ne me plante pas ^^) le 13 & 14 octobre 2018 et c’est déjà inscrit dans mon agenda! Un grand merci à toute l’équipe, que ce soit les bénévoles qui nous accueillent, qui nous guident, qui tiennent la boutique éphémère et ces mains invisibles qui préparent la salle et qui la nettoient une fois la folie rhumesque passée à l’organisateur Vincent Thill, ainsi qu’à tous les exposants pour ces deux jours au terme (sans H) desquels on repart avec plein de saveurs cannesques dans les papilles.

 

 

 

 

 

Événements

Whisky (Surtout Rhum) Live 2017

Voici le temps pour moi de vous faire un petit retour de mon premier Whisky Live Paris. Au vu des incroyables 3 jours passés, je ne saurais que vous condenser mes découvertes les plus intéressantes dans ce billet que j’espère pas trop long.

Ce magnifique weekend fût aussi l’occasion de rencontrer des grands noms du rhum que j’admire depuis déjà fort longtemps mais aussi de retrouver lors de 2 soirées, avec mes confrères liégeois, mes amis français de la 2.0.

Dès notre arrivée, nous avons rencontré nos 2-3 de nos compatriotes ainsi que Cyril Weglarz, Gianni Capovilla et Luca Gargano. Après quelques minutes de discussion, celui-ci nous emmène faire le tour de ses principales nouveautés – un tour vip avec le N1 Velier, que demander de plus ?

Suivons le guide :

 

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Clairin le Rocher – 43,5%

Un des plus léger clairins de chez Velier en terme d’ABV. Une méthode de production différente avec l’utilisation de sucre de canne lors de la distillation. Tout cela nous donne un clairin minéral avec des notes assez sucrées, moins herbacé que les autres clairins, il offre une vraie fraîcheur.

Rum Paranubes

Paranubes – 54%

Nous voici devant la dernière trouvaille de Luca, un rhum provenant du Mexique (Oaxaca pour être précis) avec une méthode de fabrication proche des clairins. Le nez est très parfumé et floral. La bouche est malheureusement assez décevante et contraste avec le nez avec des notes végétales et assez rêches.

Velier Royal Navy

Velier Royal Navy – 57,18%

Un nez lourd et gourmand, on ressent clairement le Caroni et la Jamaïque avec des fruits bien murs (orange, fraise), des épices (muscade), des notes de cuir et d’amande. La Bouche est vive, pimentée avec du tabac, un léger boisé et un peu de girofle.

Rhum Rhum Liberation 2017

Rhum Rhum Libération 2017 réduit (45%) et FP (58%)

La version réduite a un nez très agréable et superbement parfumé et équilibré sur le fruité et le boisé avec un coté floral. On ressent clairement la rondeur du fût de Sauternes. Le bouche est douce avec une agréable note de fruits secs.
Sa grande sœur, la version Full Proof, a un nez parfumé et plus intense. Quelques minutes d’ouverture lui permettent de s’épanouir sur des notes plus imposantes avec du boisé, et des épices plus présentes. J’ai personnellement une préférence pour le réduit au nez et le Full Proof en bouche (ou une excuse pour prendre les 2 me direz-vous !)

Capovilla Banane

Capovilla banane de Marie-Galante – 43%

Cette eau de vie du Maestro est gourmande, d’abord sur la peau ensuite sur le fruit lui-même. Une belle réussite qui ne sera pas renouvelée dû à la difficulté du transport. Un seul bémol, le prix est relativement élevé.

Neisson 2005 2007 1997

Neisson 2005 12ans – 51,3%

Le premier des trois prévus pour les 70ans Velier. Un nez sur les fruits secs, bois blanc. La bouche est fruitée, empyreumatique avec un peu de céréales.

Neisson 2007 10ans – 58,1%

Le nez est plus gourmand, rond et assez doux. La bouche est vive, boisée (sous-bois), une légère minéralité.

Neisson 1997 20ans – 44,1%

Un nez enjôleur, avec des notes de fruits. En bouche, c’est très équilibré entre le boisé et le fruité. Mon préféré parmi tous les Neisson dégustés au salon (malheureusement pour mon portefeuille)

Neisson 1991 Armada

Neisson Armada 1991 – 45%

Le nez est discret, tout en subtilité. La bouche est douce, tendre avec une superbe longueur.

Neisson

Neisson XO Brut de Fût – 54%

Nous retrouvons un nouveau Xo avec plus de caractère, des notes de fruits secs (amande) et un coté floral se marient très bien.

St Lucia 2010

St Lucia 2010 – 58,6%

Nous retrouvons clairement les notes des rhums de St Lucia (le plantation 2004 me revient en tête) mais avec plus de complexité, plus intense et une palette aromatique plus large.

Bally 1999

Bally 1999 Brut de Fût – 54,5%

Nouveau millésime pour ce brut de fût avec une robe extrêmement foncée. Les arômes d’agrumes, d’épices, de fruits secs, une légère amertume et un boisé légèrement présent me bouleversent : j’aurais pensé un boisé plus présent à voir la robe.

Savanna Blanc

Savanna Lontan et HERR – 57%

Voici les 2 nouveaux blancs de chez Savanna, tous deux en 57%. Le premier (Le Lontan distillé en colonne Savalle) est assez fruité sur de l’abricot, de l’olive et est très gourmand. Le second (le HERR distillé en pot still en inox) est vraiment dans la lignée de son prédécesseur avec des notes de bonbons aux fraises, une bouche très intense, exotique qui vous embaumera le palais pour un long moment.

Savanna 2006 HERR

Savanna 2006 Intense HERR Finish – 50,8%

Un rhum traditionnel de 10ans bénéficiant d’une finition en fût de HERR. L’approche est agréable, on retrouve la rondeur et les notes épicées du 10ans, la finition HERR lui octroie un peu plus de peps avec des notes plus exotiques sans être aussi exubérant que ce dernier, et donc plus accessible.

Plantation Jamaïque 2000 Long Pond Single Cask

Nous voici sur un merveilleux rhum jamaïcain de la maison Ferrand sur lequel la finition en cognac n’a pas trop dénaturé le produit originel. Nous retrouvons les notes type de la distillerie, avec un très bon équilibre. Dommage que le prix soit si exorbitant.

SSS Caroni 1997

Spirit Shop Selection Caroni 1997 Single Cask – 59,6%

Un nouveau Caroni d’un embouteille asiatique de whisky, je partais honnêtement sans trop d’attente. J’ai reçu une belle claque, le produit est très bien fait. Un Caroni de très bonne facture bien équilibré, intense et gourmand. On a hâte de découvrir le prix.

Au niveau rencontres, ce n’est pas moins que Luca (Ruruki pour les intimes) Gagarno, Gianni Vittorio Capovilla, Marc Sassier, Stephano Cremaschi, Fabio Rossi, Bernard Hayot, Ian Burrel ainsi que tous les amateurs habituels avec lesquels nous avons passé de merveilleux moment.



Une chose est sûre j’y retournerai l’année prochaine, en attendant, nous nous retrouvons dans une semaine pour le salon du rhum à Spa 😉

Les Amis des Amis du Rhum

les amis des amis du Rhum – JM vs Trois Rivières

Après deux mois d’absence, nous revoilà à flots pour une nouvelle saison de dégustations. Premier événement : les Amis des Amis du Rhum. Cette première de la saison nous propose une confrontation de deux grandes maisons martiniquaises : JM vs Trois Rivières.

On vous pose le décor : comme à l’habitude, dès notre arrivée, le line up est dévoilé sur le bar à côté du planteur prévu pour l’apéro. Les habitués se retrouvent, mettent en place les tables et chaises, et nous voilà partis pour une agréable soirée. L’ambiance est bien détendue. Les discussions rhumesques ne tardent pas à éclore : bref on se sent à l’aise parmi une bande de joyeux lurons tout en sirotant un planteur made in La Mauny Ananas.

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Comme pour toutes les soirées « Confrontation », Cédric nous a préparé quatre duels de produits de gammes comparables : on commence en opposant deux blancs, puis les VSOP qui préparent le terrain pour les 10 ans et enfin les hauts de gamme. La soirée du jour s’y prêtant, tous ces jus seront des AOC.

JM Jungle Macouba (51,2%) vs Trois Rivières Océan (40%)

Ce premier duel opposera deux blanc « premium » (qu’est-ce que l’on n’aime pas ce terme…)

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D’un côté, le JM Jungle Macouba. Au nez, passé la canne fraîche et sucrée, nous retrouvons des notes herbacées (gazon coupé) et de foin. La bouche est très végétale limite terreuse ; avec une pointe de poivre, de truffe et une certaine lourdeur. On peut d’ailleurs l’observer, le Macouba est un peu graisseux au verre, les jambes sont bien portantes et descendent assez lentement.

De l’autre côté, le Trois Rivières Océan. Hormis la canne, le nez est très marin (au cas où vous n’auriez pas compris la référence). On y retrouve l’iode, en fermant les yeux on se croirait presque sur l’Anse Trabaud, le sable blanc sous nos pieds. Des notes d’agrumes et de grains de moutarde ressortent ensuite. La bouche est saline et sur la canne crue. Une finale douce, limite sur de la cassonade avec une pointe iodée.
Ce blanc se marie très bien avec les huitres ou lors d’une dégustation de sushis (testé & approuvé)

Résultat du duel : 12 voix pour le Trois Rivières contre 5 pour le JM. Le côté très atypique de la cuvée de l’Océan a probablement joué en sa faveur, face à un Macouba très bien réussi, mais dans une lignée plus standard en ce qui concerne les blancs agricoles.

VSOP en force

Vous l’avez compris, pour le second duel nous aurons droit aux deux VSOP. Lesquels ? Un de chez Trois Rivières et un de chez JM, il faut suivre un peu !

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Le JM est clairement (c’est le cas de le dire) plus doré et limpide. Le nez est acidulé, sur du sapin (épicéa), du poivre, du foin et cireux. Après une longue ouverture (ou même le verre vide depuis quelques minutes), il devient pâtissier avec la crème au beurre, voire le beurre lui-même qui s’impose. Un nez très surprenant.
Personnellement [Spiritom], je connaissais ce JM mais il ne m’avait pas laissé une très bonne impression. Cette dégustation m’a permis de le redécouvrir et de lui porter un plus grand intérêt.

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Le Trois Rivières est quant à lui plus sombre et lourd sur le verre. Le nez est plus épicé, sur de la muscade et un boisé (typique de chez Trois Rivières pour les habitués). On devine une présence de cacao. La bouche est incroyablement douce, on y retrouve des notes de poudre de cacao, un léger boisé (chêne neuf) et une pointe de vanille. La finale est davantage sur l’amertume du cacao.
Si vous aimez ce Trois Rivières, on ne pourrait que vous conseiller d’essayer l’ancien embouteillage 5 ans (remplacé depuis peu par ce VSOP) qui apporte une palette aromatique plus complexe.

Égalité pour ce duel : 8 voix partout ! (Oui, quelqu’un s’est abstenu)

JM 2003 10 ans (44,8%) vs Trois Rivières 10 ans Vintage ‘90s (42%)

Nous montons de catégorie avec les 10 ans d’âge.

Notez que le JM 2003 se trouve encore assez facilement (au pire, le nouveau 2004 est assez similaire) alors que le Trois Rivières est une version des années 90 (1991 pour être précis) sur laquelle il vous sera assez difficile de mettre la main.

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Le nez du JM est rond, sur du cacao, du poivre, un peu de vanille grasse. Nous retrouvons le côté beurré du VSOP (bien moins prononcé quand même). Si on le laisse pleinement s’ouvrir, on perçoit encore quelques notes d’agrumes tirant ici davantage sur le pamplemousse. En bouche, l’alcool se fait dans un premier temps présent, viennent ensuite des arômes d’amande, de fruits exotiques (limite confits) et de vanille. Au fur et à mesure, il devient plus gras et gourmand avec une pointe de note beurrée.

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Le Trois Rivières est frais au nez : des notes de boisé et de menthol avec une pointe d’ancien rhum d’un temps révolu (qui a dit poussière?). Le chocolat amer pointe le bout de son nez et vient chatouiller nos narines. La bouche nous dévoile des notes de cacao, d’ananas avec une pointe d’amertume et d’une belle complexité.

Résultat du duel : 8 voix pour le Trois Rivières contre 9 pour le JM

JM 2000 15 ans (41,9%) vs Trois Rivières 1995 (43%)

Nous arrivons à l’apogée de la dégustation : les hauts de gamme qui clôturent cette soirée. Le JM 2000 est en réalité un 16 ans d’âge alors que le Trois Rivières 1995 est un 19 ans (mais l’AOC ne permet pas de comptabiliser les dernières années suite au double vieillissement).

Il est à noter que ces rhums ont été servis dans les verres plus d’une demi-heure avant d’être présentés à la dégustation, leur permettant une belle ouverture (c’était également le cas pour les 10ans).

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Le JM nous propose au nez des notes beurrées qui se dirigent vers le beurre fondu (décidément, on en retrouve du beurre dans ces JM, à se demander s’ils ne font pas de la pâtisserie à côté de la distillerie), du foin sec, un peu d’amertume de cacao et des fruits secs. Viennent ensuite des fruits assez sucrés et une pointe d’épice. La bouche est sur le fruits confits, de la prune le tout avec une belle complexité. La finale est agréablement longue.

Le Trois Rivières est assez alcooleux au premier abord, avec les marqueurs typiques actuels de la distillerie accompagnés de fraîcheur (eucalyptus), tabac (boîte à cigares). La bouche est ronde, sur des fruits secs, avec un soupçon d’orange. La finale est très longue avec du boisé et du tabac pour se terminer sur une touche plus fraîche.

Résultat du duel : 10 voix pour le Trois Rivières contre 7 pour le JM

Conclusion

Les plus matheux parmi nos lecteurs se seront rendus compte que c’est Trois Rivières qui l’emporte 36 voix contre 29. L’écart s’est creusé en faveur du sud de l’île au niveau du blanc, la Cuvée de l’Océan séduisant par son esprit (rien à voir avec Neisson) très décalé. Il faut avouer que malgré son faible titrage, c’est une belle réussite qui a de quoi laisser rêveur. Il se laisse boire pur ou en cocktail (mojito fraise-basilique, il vaut le détour paraît-il). Pour la suite de la gamme, on reconnaît dans ces deux distilleries un savoir-faire pleinement maîtrisé, avec des particularités qui plairont soit aux uns soit aux autres. Mais tou(te)s témoigneront qu’il n’y a que du bon!

Le mot de la fin pour cette soirée est la bonne manufacture des différentes cuvées sélectionnées, aucune fausse note. On retrouve clairement une trame évolutive dans chaque distillerie avec des notes qui se retrouvent dans l’ensemble de leur gamme respective, hormis pour la Cuvée de l’Océan, très atypique.

Le fait d’avoir pu découvrir un ancien rhum des années 90 (le Trois Rivières 10 ans, c’est bien, y en a deux qui suivent là dans le fond) nous permet de réaliser l’évolution des rhums agricoles ces deux dernières décennies au sein d’une même maison.

Comme à l’habitude, c’est encore une fois l’ambiance et la bonne humeur des participants qui rendent ces soirées si plaisantes. Félicitations à Cédric pour l’organisation et la sélection ainsi qu’à Michaël pour les photos. La prochaine soirée aura lieu le 20 octobre et aura pour thème la Jamaïque (on vous voit déjà baver). Pour ceux qui sont dans la région, le contact pour la réservation est sous l’article.

A très bientôt pour d’autres articles ! Car oui, les mois qui arrivent vont être chargés en événement Entr’Rhum.

Crédit photo : Michaël Muller
Réservation pour la prochaine soirée : Par ici

Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du rhum – Savanna

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Il y a deux semaines, nous avons eu la chance de participer à une soirée dégustation du groupe « les amis des amis du rhum » (non, nous n’avons pas trop bu, il y a bien deux fois « les amis » !). C’est notre ami Cédric qui organise depuis maintenant plus d’un an ces ateliers dégustations avec un line up toujours très bien pensé. Maintenant que j’y pense, je ne comprends toujours pas pourquoi nous n’y avions jamais participé car ce n’est au final pas si loin de chez nous.

Erreur maintenant corrigée, nous sommes donc partis pour les quelques kilomètres qui nous séparent de notre destination. Bien que cette soirée soit notre première, c’était également la dernière de la saison, ce qui nous a permis de participer à une petite tombola fort bien agréable (qui a dit que j’étais cocu ??? )

A peine arrivés, notre ami Cédric est déjà au bar pour servir l’apéritif, un planteur bien rafraîchissant, alors que l’ensemble est déjà en place pour la soirée et que le cuistot s’active en cuisine. Tout cela est très bien organisé et l’on commence à faire connaissance avec les différents amateurs présents dont quelques têtes connues.

Cédric, nous explique le principe de la soirée avec un rhum blanc en guise de mise en route, un repas, et ensuite la dégustation proprement dite (6 rhums vieux seront à l’honneur). L’avantage de faire un line up sur la distillerie Savanna est que leur gamme de produits est vraiment complète (il ne manque qu’un pot still et c’est la quinte flush !). En effet, elle propose des rhums à base de mélasse, de vesou, des grand arômes (le tout en blanc et en vieux), des finitions, des versions réduites et brut de fût et des ovnis venus de nulle part. Le tout pour le plus grand plaisir de nos papilles. Au cours de cette soirée, nous aurons donc droit à une belle palette de ce qui se fait dans cette maison avec 1 rhum blanc, 2 rhums traditionnels, 2 rhums pur jus et 2 rhums grand arôme. Le vieillissement se fait exclusivement en anciens fûts de Cognac.

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Nous commençons donc la première partie de la soirée avec un blanc : le rhum Créol. Ce rhum pur jus de la Réunion est assez porté sur les agrumes (orange, mandarine) et le sucre de canne. Assez différent des autres rhums de vesou car il ne porte pas de marqueurs de canne fraîche mais plutôt de sucre de canne. En bouche, il en ressort un rhum assez vif, épicé (ylang ylang) et poivré ; pas de fraîcheur habituelle de ce type de rhum. C’est en ti-punch qu’il se dévoile plus avec des arômes plus fins.

Après nous être sustentés d’une spécialité italienne plate et ronde, notre hôte nous démarre les choses sérieuses avec le premier rhum vieux de la soirée : le rhum Savanna traditionnel 7 ans 43%. C’est un rhum de mélasse ayant vieilli 7 ans dans des fûts de Cognac. Au nez, la mélasse est bien présente avec des notes miellées, d’ananas cuits ainsi qu’une touche florale. La bouche est pâtissière, vanillée et sur de la réglisse avec un léger piquant supplémentaire en finale. Voici (enfin nous avons envie de dire) un très bon rhum de mélasse qui n’est pas saturé de glucide ou autre glycérine et vanilline.

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Nous restons dans la mélasse pour le rhum suivant avec le Savanna Intense 7 ans finition Moscatel à 46%. La robe est cuivrée et assez grasse. Le nez est fruité (mirabelle) avec un côté légèrement vineux et une touche de café. En bouche, on retrouve le coté mélasse avec une certaine douceur, le fruité, des notes de lavande et même pour certain(s) de champignons ! La finale reste dans la même gamme, fruitée, douce et vineuse.

Arrive le temps de passer aux rhums de vesou. Nous commençons par le Savanna Créol 10 ans affiné en fût de porto et réduit à 46%. La robe est plus pâle que sur le précédent, plutôt dorée. Le nez fait tout de suite ressortir le raisin, des marqueurs de cognac sont clairement identifiables ainsi qu’un léger vernis. On détecte un peu d’épices (la muscade) et une petite astringence. La bouche est assez complexe, sur les fruits, le cacao et une fin de bouche plus ronde.

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Le second pur jus de canne est le Savanna Créol 9 ans calvados finish en brut de fût (61,4%). Nous avions déjà testé une finition calvados chez Savanna (le 6 ans 2002 réduit à 46%) et il nous avait bien séduit à l’époque ; cette version brut de fût avait donc toute notre attention.
La robe est dorée et brillante avec des jambes assez fines. Au nez, la finition calvados est bien présente avec un léger vernis et un peu de caramel. La bouche est chaude et gourmande sur les fruits (pomme et poire) et une touche de caramel cuit. Son haut taux d’alcool nous force à le laisser s’ouvrir un bon moment afin de bien en percevoir toutes ses subtilités.

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Après un petit tour de tombola, nous passons à la dernière partie de cette soirée : les grands arômes. Alors pour ceux qui l’auraient oublié, les grands arômes sont des rhums de mélasse avec une fermentation longue (5 à 10 jours) et une levure spécifique qui permet d’obtenir des rhums très aromatiques.

Le premier de la série est le Savanna Lontan Chai Humide 8 ans à 60,4%. Ce nom provient du lieu de stockage des fûts dans le chai : celui-ci étant à bord de mer, le fond du chai est assez humide et a modifié le profil aromatique de certains fûts. La robe est dorée. Au nez, nous retrouvons le vernis, des fruits cuits, l’olive, le pain, des raisins secs et un léger fumé. La bouche est boisée, florale (fleur d’oranger) et ronde. Dès notre première gorgée, nous comprenons directement pourquoi ce nom de chai humide. Le boisé et le fruité se marient à merveille, une très belle réussite. La finale porte sur les fruits (ananas) avec une extrême douceur et longueur.

Le dernier de la soirée n’est pas des moindres : le Savanna Lontan 12 ans en brut de fût 64,2%. Ce rhum est un des plus puissant de la maison Savanna et est un concentré d’arômes. La robes est acajou, limite bronze. Le nez nous dévoile des arômes fruités de fleur d’orangé, de cacao et de solvant (acétone). En bouche, c’est puissant autant en arômes qu’en degré d’alcool. On y retrouve du pain d’épice, de l’anis avec du cuir de l’olive et des fruits à coques. Une bonne aération est nécessaire pour l’apprécier pleinement.

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Voici ce qui termine cette très agréable soirée…. Hoooo…. mais non ! Notre hôte nous dévoile une petite flasque sortie de nulle part. A peine ouverte, les arômes se font ressentir dans toute la pièce. Le Savanna HERR venait d’être ouvert ! Cette sensation est semblable à la libération du Kraken (le monstre hein, pas le rhum 😉 ).
Si vous pensiez que le Lontan 12 ans bdf était costaud, sachez qu’il semble être une limonade face à ce monstre. En résumé, on y retrouve l’ananas, des notes empyreumatiques et une touche de bonbon (fraise tagada).

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Merci à Cédric pour cette belle soirée, cette organisation au top et ce line up très intéressant. Merci également aux différents amateurs présents pour ces agréables moments de partage et la très bonne ambiance. C’est promis, on reviendra 😉

Crédit photos: Cédric Lorne

Dégustations Croisées

Private Vintage en Terrasse

Nous revoilà pour une petite découverte belge qui clôture une agréable journée ensoleillée. Je vous plante le décor : sur la terrasse du jardin, entourés de charmants chants d’oiseaux, l’odeur des braises encore chaudes du barbecue, l’estomac bien rempli et le palais prêt pour une agréable dégustation en bonne compagnie.

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Après vous avoir planté le décor, place au produit : Un rhum (quoi ? vous en doutiez ?) Trois Rivières (oui on sait, c’est une de nos distilleries préférées) millésimé 2006 Private Vintage. Cette cuvée est une sélection faite par Best Whisky et limitée à +/- 100 bouteilles (je devrais avoir plus d’informations prochainement). A la manière du 2004 Private Vintage, cette cuvée n’est disponible qu’à un endroit : chez le sélectionneur ici en Belgique. Concernant le produit, nous sommes sur un rhum de près de 11ans (fût T-20) vieilli en fût de limousin ayant précédemment contenu du Cognac et titrant à 45%.

La robe est d’un beau doré avec des jambes moyennes et légères.

Le nez est extrêmement fruité, sur l’exotisme (banane, poire), chaleureux, pain d’épices avec un léger boisé. C’est très doux, rond et gourmand.

Le bouche est vive, très boisée ; le fût de cognac est bien perceptible. Cela contraste avec le nez. Les fruits ne se font pas ressentir aux premiers abords. Ensuite les épices se dévoilent avec de la muscade, du poivre et de la résine. Après aération (et donc oxydation), les fruits font leur apparition en fin de bouche, ce qui amène plus de gourmandise.

La finale est longue et sèche sur le boisé. Mais cette fois, cela porte plus sur le sapin avec une petite amertume.

En résumé, nous avons un rhum avec deux facettes bien distinctes : une au nez et l’autre en bouche. Les marqueurs typiques de la maison se retrouvent mais certains arômes (le fruité au nez et le boisé en bouche) ont été boostés. Sur certains aspects, il nous rappelle le millésime 1995 et cette gourmandise si bien maîtrisée.