Dégustations Croisées

Trois décennies de Saint James

C’est un samedi comme on les aime. Une belle après-midi ensoleillée, des amis réunis dans le jardin, supportant le dernier match des diables dans cette coupe du monde qui sera célébré par un bon barbecue. Pour conclure cette superbe journée, un petit line-up s’imposait et nous retournons vers La Martinique pour faire un tour à Sainte-Marie et s’arrêter, le temps de quelques centilitres, chez Saint-James.

Saint-James Single Cask 1997-2012  VS Saint-James Single Cask 1997-2016

Saint James 1997
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On débute la dégustation avec un duel : dans le coin gauche, l’embouteillage de 2012 et sorti l’année passée pour célébrer les 20 ans de l’AOC. Déjà découvert ici, il fait 42,7% au garrot et l’on remercie encore Marc Sassier pour nous avoir envoyé un échantillon. Dans le coin droit, son frère aîné dépoté en 2016 au même degré.

Le plus jeune possède un nez où le boisé s’exprime clairement, les notes d’épices, de vanille, de chocolat, de cannelle et muscade viennent nous chatouiller les sinus. La bouche s’ouvre sur un boisé assez doux (presque sous-bois), les épices (vanille et muscade) restent présentes et des agrumes comme la mandarine ressortent. Son grand frère quant à lui opte pour un nez plus fruité. La vanille est bien présente mais c’est surtout la banane mure et les zestes d’oranges confits que l’on peut percevoir, enveloppé par un boisé qui se fait plus discret avec une pointe de cuir. En bouche, les agrumes ont évolué vers l’orange et le bois est davantage présent, il est plus structuré. La finale est aussi plus longue avec des notes de tabac blond.

Saint-James millésime 1987

stJames

Pour poursuivre, point de second duel mais plutôt un voyage dans le passé. On va remonter le temps, trente et une année, pour découvrir ce jus de la fin des années 1980. Cette jolie demoiselle monte à 43% et est issue d’une décennie ou la production de rhum avait chuté.

Le nez fait ressortir, au delà d’un doux boisé, un mélange de poivre blanc et de fleur d’oranger. C’est assez gras et un coté marmelade y est décelé. En bouche, c’est un vrai plaisir. Doux sur la langue comme de l’orange confite, on y perçoit des fruits exotiques (de l’ananas) à travers un boisé perceptible mais parfaitement intégré. C’est beau, c’est bon, c’est rond et d’une belle longueur.

Saint-James 2008

Ce brut de fût sélectionné par Lucas Gargano et Marc Sassier pour célébrer les 70 ans de Vélier tape à 60,8%.

Saint James 2008

Cela sent les fruits exotiques, le poivre et dans les dernières strates, on retrouve un peu de sous-bois. Il laisse perplexe mais la bouche chamboule tout : malgré sa puissance, il est rond et gourmand avec des fruits exotiques (mélange de mangue et melon). Un peu de piment rehausse le tout et la finale est chaleureuse, un très bel équilibre et un réel bonheur. La finale est chaude, longue et sèche.

Moins souvent mise en avant que d’autres dans les communautés d’amateurs, cette distillerie propose des bien jolis produits et fait preuve d’une belle maîtrise de la canne.

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Dégustations Croisées

Duel brut de futs : J. Bally 1998 vs J.Bally 1999

C’est l’été ! Youpie ! Il fait beau, les journées et soirées sont plus longues, les enfants sont en congé, c’est la coupe du monde (bon ok, pour cette partie on repassera 😉 ) mais … qu’est ce que ça peut être calme dans le monde rhumesque 😥

En effet, pas de salon, soirée dégustation ou autre événement organisé durant cette longue période estivale. Du coup, un jour, j’ouvre ma boite à sample afin de noyer tout ce chagrin dans un doux nectar et… que vois-je : une montagne de samples accumulés durant toute l’année auxquels je n’ai pas encore eu le temps de m’attaquer!

Ni une ni deux, cette période de vacances va se transformer en tasting estival afin de découvrir tout cela (ou redécouvrir pour certains) histoire de faire quelques line up intéressant en attendant la reprise en septembre.

Pour cette première séance : Duel des bruts de fût Bally 1998 et 1999

Bally 1998 vs 1999

Commençons par la robe, la 1998 est d’un beau cuivré bien brillant. Les jambes ne sont pas trop grasses et légèrement perlées. Pour le 1999, c’est totalement différent. On est sur un brun bien soutenu, on dirait presque du sirop de batterie ! Les jambes sont par contre assez similaires au 98.

Au nez le 1998 est boisé résineux, sur du cacao, un peu de végétal (fleur blanche) et on y retrouve une petite sucrosité. Le 1999 est plus sur le cacao, chocolat noir et d’épices.

Passons à la dégustation proprement dite. Le 1998 est boisé avec des notes de sous-bois, de piment et de poivre. C’est intense mais l’alcool est bien intégré. La finale est très longue, assez ronde dans un premier temps et puis s’assèche.
Le 1999 est plus léger en arôme, le boisé domine avec toujours ces notes de chocolat et une certaine amertume. La finale est plus saline et astringente que celle de son prédécesseur.

La différence de watts (59,1% pour le 1998 et 54% pour le 1999) ne se fait pas ressentir. Les deux produits sont très différents avec une préférence pour le 1998 qui me semble plus aromatique.

Notez que l’on a laissé une aération d’une demi-heure avant de les attaquer.

A bientôt pour une prochaine dégustation estivale 😉

Dégustations Chez Antoine

Dégustation Privée « Le Goût du Bonheur N°4 »

Cela faisait déjà pas mal de temps que nous nous étions donné rendez-vous, presque cinq mois! Lors de cette dernière rencontre, on avait décidé de limiter le nombre de bouteilles. Du coup, évidemment, pour cette nouvelle soirée, chacun a ramené une quille. Résultat : 11 références différentes prêtes à ravir nos palais!

lineUp

Comme cela devient une habitude, certaines dégustations ‘découvertes entre potes’ débutent la sélection non-officielle de cette soirée… un peu comme au festival de Cannes ! (Yes, j’ai réussi à la placer, celle-là !)

Alors dans le désordre : un cognac VT 56, deux Metaxa et un Depaz vieillissement maison 🙂

 

Antoine nous propose d’ouvrir nos papilles avec un Clairin Le Rocher (46,5%) dont le nez, minéral et fumé annonce une bouche portée sur l’alcool, fortement présent, enrobée d’une épaisse fumée. On est prêt pour passer en revue chacune de ces demoiselles, certaines ouvertes pour l’occasion.

Hardy XOHardy Tartane XO – 43%

Il est assez difficile d’annoncer proprement ce rhum : distillé sur le site de Saint-James, on ne connait ni l’âge, ni les fûts, ni s’il est représentatif des XO que monsieur Hardy produit.

Les jambes s’éveillent lentement, prenant leur temps pour apparaître et descendre grassement sur les parois du verre. Le nez est très doux, sur le sucre fondu, les fruits à coques et les fruits rouges dominés par la cerise qui contraste avec les quelques notes de sous-bois relevé dans les dernières strates.
La bouche quant à elle nous propose un boisé très puissant limite amer, le chêne est porté par du piment rouge. Après avoir laissé passé cette explosion, les noyaux cerises font leur apparition. C’est une belle découverte, qui mérite une belle aération.

Karukera millésime 1999 – 45%

Les jambes se forment lentement et se font assez discrètes. Elle annoncent un nez assez doux sur la fleur et les fruits blancs: c’est parfumé. La bouche quant à elle tranche vivement : de la poudre à canon sur un fond de boisé qui laisse penser plutôt à un résineux qu’au chêne habituel. La longueur en bouche est cependant assez réduite, ce qui nous laisse sur notre faim.

 

Papalin – 42%

Le nez est assez herbacé et annonce une bouche plutôt douce, sur le caramel et le chocolat, ponctué d’une pointe d’acidité. Les fruits sont de la partie et apportent leur exotisme aux arômes.

Un premier blend de Gargano très intéressant et qui permet de contenir les arômes extravagant du Caroni et de découvrir plusieurs facettes du rhum de mélasse. Une belle entrée en matière pour ceux qui veulent commencer avec ces produits atypiques. Avec un prix de sortie de moins de 50€ le rapport q/p était vraiment très intéressant, maintenant c’est une autre histoire…

Bielle millésime 2003 – 52,9% (brut de fût)

Démarrons le duel Bielle avec un des premiers qui a fait s’intéresser pas mal d’entre nous à cette distillerie : un millésime 2003 brut de fût pour lequel une bonne série de batchs ont été dépotés avec, à chaque fois, un degré légèrement inférieur (vieillissement oblige).

Au nez, on respire la fleur d’oranger portée par le boisé du chêne. La bouche est fruitée, les agrumes titillent le palais pendant qu’un discret boisé se fait sentir. Des notes végétales finissent par apparaître et la fin de bouche devient ensuite gourmande, sur le pâtissier.

 

Bielle 2009, cuvée de la Confrérie du Rhum – 52,3% (brut de fût n°101)

Le concurrent d’en face n’est autre que le dernier brut de fût de la maison, sélectionné par la confrérie du rhum. Ici ce sont en plus 4 single casks qui sont sortis et notre dégustation s’est portée sur le fût 101.

Un nez qui sent bon l’orange et le melon. Après une longue aération c’est le beurre qui fait son apparition. La bouche surprend par son côté très pimenté (presque alcooleux), un boisé assez sec et quelques notes de poudre à canon (haaa le fameux libé 2012 FP ^^). Après de longues secondes, on peut enfin apprécier le breuvage qui se fait plus rond avec une fin de bouche sur le beurre fondu.

L’Esprit – Travallers – 66,1%

Cette distillerie de Belize qui ne cesse de produire de beaux produits chez les IB (bon ok pas tous mais quand même) a cette fois été sélectionnée par L’Esprit pour une version anniversaire à l’occasion des 10ans de l’embouteilleur.

Malgré le wattage impressionnant, le nez est doux, sur le pain d’épices, les fruits et un léger coté floral. La bouche est assez boisée, ce sont les épices qui prédominent avec de la réglisse en premier plan avant les fruits cuits. La finale est assez bien longue et persistante avec l’apparition de fruits sec (noix).

 

Damoiseau 1995 FP – 66,9%

Vous l’avez compris les watts étaient bien présent lors de cette soirée (merci au taxi pour le retour d’ailleurs !). Nous changeons d’île avec la Guadeloupe et les fameux FP de chez Damoiseau. Un blend Agricole-Mélasse (80-20 si je ne dis pas de bêtises), distillé à 80% ABV et dépoté 15 ans plus tard à 66,9%… un vrai Full Proof quoi ^^

La robe est très grasse et acajou avec une belle brillance. Le nez est fruité (raisin), le boisé avec une petite amertume. Un léger solvant s’en dégage également suivi de notes de torréfaction et de caramel brûlé. La bouche est astringente, sur les fruits à coques. Une touche végétale et du cacao équilibrent l’ensemble. La finale est très longue sur le cacao, les fruits à coque et une pointe de menthol.

SMWS R11.2 Worthy Park – 57,5%

Cet embouteilleur indépendant bien connu dans le monde du whisky nous propose depuis un certains temps des « rum ». Comme pour les whisky, les numéro (11 dans ce cas), représentent la distillerie alors que le second (2) représente le numéro de l’embouteillage.

Nous sommes donc en face d’un rhum jamaïcain de 2000 et 7 ans d’âge. Tout cela étant bien clairement spécifié sur l’étiquette (c’est beau la transparence 🙂 ).

Le nez est assez doux et fruité (abricot), on retrouve du pain grillé, des fleurs blanches, une légère note d’olive et un côté plasticine « Play -Doh ». Pas d’amertume, de boisé ou d’esters exubérants mais un nez bien structuré qui laisse une belle promesse quant à la dégustation.

En bouche, l’alcool est présent un court instant afin de faire place à un fruité chaud et gourmand. Le pain grillé est toujours présent et les fruits (ananas et abricot) prennent la plus grande place.

La finale est douce, longue et fine avec un pointe de salinité.

SMWS

SMWS R7.1 Hampden – 54%

Toujours même embouteilleur, autre distillerie : Hampden. Ici nous sommes en présence d’un rhum de 2000 ayant subit un vieillissement de 16 ans et titrant à 54%.

Le nez est plus typique jamaïcain avec des notes d’esters, de solvant, d’ananas. Le tout est assez discret. La bouche est intense, assez ronde quand même, sur l’olive noire et l’ananas (comme le laissait supposer le nez). Les esters sont présents mais bien intégrés. Le tout est bien équilibré.

La finale est ronde et embaume l’ensemble du palais, des notes fumées apparaissent.

Hampden <H> 70ans Velier – 62%

Nous terminons notre soirée dégustation par un des meilleurs produits de la gamme 70ans Velier, cette gamme qui a fait couler beaucoup d’encre (tant par le nombre, la qualité et la rareté des bouteilles).

Nous sommes donc toujours chez Hampden avec un « rum » de 10ans du mark <H> (entre 900 et 1000 gr/HL en TNA) ce qui en fait un des rhum les plus aromatiques du moment (en tout cas sur le papier). Comme souvent chez Velier, ce produit est proposé sans réduction à 62% pour un millésime 2010 7 ans d’âge.

Au nez, les ester s’expriment pleinement, l’olive est bien entendu présente tout comme les fruits très (trop) mûrs. C’est concentré ! Un boisé légèrement astringent se libère. J’ai du mal à ne pas faire la comparaison avec un Grand Arôme de chez Savanna (le 9 ou 12 ans brut de fut).

En bouche c’est impressionnant: le fruité, l’olive, de la biscotte, le tout dans un nuage d’esters. On ressent bien l’influence du dunder. C’est bien fait, très aromatique : Woaw !

La finale est très longue et vous laisse ces notes de fruits et une partie des esters en bouche jusqu’au lendemain matin 🙂

Si vous avez aimé l’Habitation Velier HLCF ou les Grand Arôme Savanna en brut de fût, vous devriez adorer celui-ci!

Conclusion

Encore une belle soirée avec beaucoup d’échanges et de bons moments de rigolades comme on en a à chaque fois. On avait hésité à limiter le nombre de bouteilles mais finalement pour reprendre la citations du plus chevelu de nos membres : « Trop de bouteilles c’est le top ! »

lineUp

A bientôt pour une prochaine séance 😉

Événements

Rhum Fest 2018

RFP2018-min

Comme à l’habitude voici un retour concis sur la grande messe du rhum: Le Rhum Fest Paris. A la différence des autres années, aléa du calendrier et heureux événement personnel à venir, l’expérience ne se fera que sur une unique journée pour cette édition (et je suis déjà super heureux d’avoir pu y aller, ce n’était pas gagné de prime abord !). Une journée c’est court, le mot d’ordre fut donc : cap sur les nouveautés !

Malgré le nombre conséquent de produits dégustés, j’ai voulu être un peu plus complet que « j’aime/j’aime pas ». Néanmoins le palais étant de plus en plus anesthésié et le temps me manquant cruellement, les notes sont loin d’être précises et exhaustives. Je me suis donc limité aux principaux marqueurs qui me sont apparus. Comme pour toutes les autres notes, celles-ci ne sont que mon avis personnel 😉

Arrivé bien en avance afin d’éviter le souci de la file d’attente de la veille, je me retrouve le premier à pénétrer le lieu saint : les pavillons de dégustations ! Etant un peu déboussolé par cet espace vide qui s’ouvre à moi, je me dirige machinalement vers mes marques de prédilection afin d’avoir le temps de saluer tous ces grands noms du paysage rhumier avant que la foule n’arrive.

 

La Mauny / Trois Rivières

Commençons par le stand La Mauny et Trois Rivières sur lequel je retrouve Daniel Baudin. Après quelques mots et certains remerciements pour service rendu, nous débutons (surtout moi) les dégustations.

La Mauny VSOP (nouvelle facture) : Le nez est fruité (abricot) le boisé est discret. La bouche est ronde et bien équilibrée, le fruit ressort bien. Un très beau produit très fin (bien plus à mon goût que l’ancienne édition).

Trois Rivières Triple Millésime 1999-2000-2009 : Le nez est plus boisé que l’ancienne version, la bouche plus structurée, intense avec de notes de poivre. Toujours aussi intéressant même si différente de la précédente version.

Trois Rivières 2004 : Nous retrouvons les marqueurs typiques de la maison, les épices sont assez présentes. Un boisé plus discret.

 

Saint James

On passe en face pour se rendre chez St James avec le désormais habituel Stephen Martin toujours aussi passionné et passionnant.

St James XO : même si ce n’est pas une nouveauté, je n’ai jamais eu l’occasion de le déguster ; manquement maintenant résolu. Le nez est plutôt doux et rond. La bouche est gourmande et sur les épices. Un très bon rapport q/p. Je le classerais en entrée de gamme coté doux chez St James.

St James 2001 : Plus boisé, un peu d’amertume. Il s’ouvre bien avec l’oxygénation. Assez sec et boisé en bouche, la finale est malheureusement assez sèche et pas très longue. Je pense lui préférer son petit frère le 2000.

St James XO 2001

Le Single Cask 1997-2016 fera partie d’une prochaine comparaison avec son petit frère embouteillé en 2012 lors d’un futur post.

 

HSE

Restons en Martinique avec une des maisons les plus innovantes : HSE. Les salutations avec Cyril Lawson faites, nous commençons les découvertes.

HSE Blanc Parcellaire 2016 Canne Rouge :  Un rhum blanc à laisser s’ouvrir. Le nez est végétal, sur la canne et les fruits à chair blanche. La bouche est assez douce et sucrée, ronde et gourmande, épices orientales et une pointe d’agrumes. La finale est plus forale et sur de l’eucalyptus. Une belle innovation.

HSE XO Sélection Ducasse : enfin le temps pour moi de découvrir cette licorne. Le nez est rond et compoté, très fruité (marmelade d’orange). La bouche est premièrement légèrement fumée avec une légère astringence. Elle évolue pour devenir plus ronde et gourmande, on retrouve le coté fruits cuits dans un bel équilibre avec un boisé noble (bois de santal). Par la suite le boisé se mélange au piment et à l’écorce d’orange. Vraiment une très belle réussite, dommage qu’il soit quasiment impossible de mettre la main une bouteille.

Petit détour par JM où seul le 2005 m’était inconnu, Celui-ci est assez sec et astringent, plus rude et boisé que son prédécesseur le 2004 qui m’avait agréablement surpris.

Neisson

Arrivée chez Neisson où les bio sont de sortie ! Connaissant déjà l’Esprit bio, je me penche sur les 52,5% (les 2 versions étant présentes, c’est le moment de les comparer).

Au nez le bio est sur le fruit rouge alors que sa version standard est plus sur la canne fraîche. La bouche du bio est gourmande et plus sèche alors que l’original est plus floral. Difficile de choisir un préféré ; c‘est le prix qui fera pencher la balance en faveur de la version non bio.

Neisson 52,5% Bio

 

 

A1710

On passe chez A1710, où je n’ai pas reconnu Grégory Duval (désolé de ne pas t’avoir salué). Je m’intéresse principalement aux blancs. Après m’être remis en selle avec la Perle je commence les nouveautés :

La Perle Bio B59-566 (canne bleue) : Le nez est minéral et prometteur. En bouche c’est rond et doux avec des notes de poivre Sichuan. Une belle découverte.

La Perle Bio R579 (canne rouge) : celui-ci est plus monolithique, moins doux, plus astringent, il me sied moins.

Renaissance : On y retrouve plus le coté terreux et iodé qui me rappelle les anciennes cuvées.

La Favorite

Continuons notre tour de la Martinique avec La Favorite où je retrouve Franck et Emmanuelle. Après un accueil très chaleureux, on me sert le premier breuvage.

La Favorite 2009 Brut de Fût : Au nez assez boisé, sur la réglisse. La bouche est d’un beau boisé avec beaucoup d’épices (notamment du poivre). La finale revient sur la réglisse. Il m’a bien plus même si assez porté sur les épices.

La Favorite 2011 (en test) : Même essai que l’année précédente, c’est Emmanuelle qui a cette fois soutiré un échantillon de 3 fûts du millésime 2011 juste pour la famille de la Canne 2.0 . Le nez est enchanteur, doux, sur de la cire d’abeille et les fruits blancs. La bouche ne tient malheureusement pas ses promesses, trop acide, boisée et pas vraiment équilibrée. Dommage car le nez est vraiment très charmeur mais cela n’est qu’un rapide croquis ; on peut être certain que le produit final corrigera ces défauts.

 

Depaz

Terminons la dernière distillerie visitée de la Martinique : Depaz. C’est Benoit Bail qui nous régale cette année.

Depaz 2000 Brut de Fût : premier bdf pour Depaz. Le nez est compoté, sur les fruits rouges bien mûrs, des fruits sec (amande), assez pâtissier. La bouche est vive est boisée, bien structuré avec un peu d’amertume, du chocolat noir et de la boite à cigare. La finale est longue et fine.

Depaz 2000 bdf

 

 

Longueteau

Changement d’île mais toujours sur le vesou : La Guadeloupe. Commençons le périple avec Longueteau. Après avoir salué François, il me fait découvrir sa nouvelle gamme « Harmonie ».

Longueteau Symphonie : Le nez est sur le fruit à coque, légèrement boisé, un peu fruité. La bouche est ronde et douce. Je tablerai sur un ancien VS un peu plus âgé et complexe.

Longueteau Concerto : Le nez n’est pas trop boisé, bien fruité. En bouche on retrouve certains marqueurs de la précédente cuvée, c’est bien équilibré avec des notes empyreumatiques et un boisé plus présent. La finale est longue et posée.

Longueteau Prélude : terminons sur le plus jeune des 3. Le nez est sur la canne, un boisé assez fougueux. La bouche a une attaque vive, un boisé sec, pas trop fruité. Je ne peux m’empêcher de retrouver dans cette cuvée un semblent d’idée d’un certain profil de chez Neisson avec un rapport q/p intéressant.

Longueteau Harmonie

Damoiseau

Seconde Distillerie visitée de l’île : Damoiseau. On retrouve notre chère Clémentine toujours aussi souriante. Elle me propose ses quelques nouveautés :

Damoiseau 2007 : Petit frère des millésime 2008 et 2009, ce 2007 est vanillé et assez rond au nez. La bouche est fraîche, douce et légèrement épicée. Le TAV assez faible me laisse un peu sur ma faim. Ma préférence reste toujours le 2008 Subprime.

Damoiseau Concordia : C’est doux et rond, le bourbon donne de la gourmandise et en fait un rhum accessible en restant bien structuré. (PS : courage pour l’attaque du marché italien avec le nom de cette cuvée, Clémentine 😉 )

Damoiseau Statera : Plus boisé et plus sec que la cuvée précédente, on retrouve plus des notes de fruits confits et de noix.

Damoiseau Concordia Statera

Notez que ces 3 nouvelles cuvées sont des blends mélasse/vesou.

Après une rapide discussion avec notre chère Cat Arnold des Rhum Toucan et redégustation de son très abouti N4, je me mets en route vers l’île de la Réunion.

 

Savanna

Commençons par une distillerie qui me tiens fort à cœur : Savanna. Après les retrouvailles avec Noëlle et la rencontre avec Cécile, je me lance sur la nouveauté du salon: le blanc créol (agricole) 52%

Blanc 52% : Le nez est floral et végétal (on pourrait trouver certaines similitudes avec un clairin). La bouche est douce, légèrement lourde, des notes d’oranges et une légère note saline apparaît. La finale est longue est persistante. Une chouette première dans la grande cour des rhums blanc agricole.

Savanna Créol 52%

 

 

Rivière du Mât

Passons à la seconde distillerie dégustée de l’île : Rivière du mat. Connaissant une bonne partie de la gamme proposée, je m’arrête sur une quille inconnue :

Rivière du Mat 2003 Single cask : Le nez est pâtissier, sur les fruits murs et très gourmand. La bouche est boisée et vanillée avec un bel équilibre. Une finale longue et douce. Vraiment sympa mais impossible de retrouver les informations de cette bouteille sur le web (si quelqu’un en a je suis preneur !) .

Riviere Du Mat 2003 SC

 

 

Fousquare/Velier

Fin de la partie agricole (qui aura été 75% de ma journée), place à la mélasse. Débutons avec une grande distillerie : Foursquare (où j’ai eu la chance d’avoir les dernières gouttes des différentes cuvées)

Foursquare Premise : C’est doux, on ressent bien le sherry. La finale fait apparaître une légère astringence.

Foursquare Dominus : plus complexe que le précédent, fruité avec un bel équilibre. Un produit très sympa.

Foursquare 2005 : petit frère du 2004, on retrouve un boisé et une amertume, c’est complexe et demande un temps d’aération. Il a une bonne longueur.

Foursquare Premise Dominus 2005

Foursquare Principia : C’est doux et rond, gourmand. Pour le classer, je le placerai entre le 2006 et le Triptych.

Restons chez Velier avec 2 nouvelles références :

HV Last Ward 2009 : Le nez est légèrement fruité, avec un léger boisé. La bouche reste sur le boisé avec un équilibre pas toujours à mon goût. De mes souvenirs, je lui préférais le 2007. Un face à face est à prévoir.

Clairin Valval fût de Caroni : On retrouve la minéralité du Vaval, l’influence du fût est assez (trop ?) discrète, pas de marqueurs de Caroni. Je l’aurais aimé un peu plus marqué.

Foursquare Principa HW Last Ward 2009

 

 

Excellence Rhum

Passons à un autre embouteilleur indépendant : Excellence Rhum où Alexandre nous propose, cette année encore, 4 nouvelles sélections.

ER Foursquare : c’est rond, gourmand et assez complexe, comme on les aime chez Foursquare.

ER Fiji : Assez vif, une palette aromatique différente de ce que l’on connait sur Fiji. Il faudrait que j’y retourne.

ER Port Mourant : Un boisé bien intégré, de la vanille et un bel équilibre pour un Port Mourant.

ER Worthy Park : C’est rond, et doux. Le boisé est léger. Un Jamaïcain avec une belle typicité.

Excellence Rhum

 

 

Compagnie des Indes

Avançons maintenant de quelques mettre pour rejoindre cette fois Florent, le capitaine de la Compagnie des Indes.

CDI Fiji : Le nez est minéral et sur les fruits murs. La bouche est ronde et équilibrée. Agréable et plus dans l’univers Fiji que celui d’ER.

CDI Jamaïque Clarendon : Le nez est boisé, vif avec les marqueurs de la Jamaïque. La bouche est assez douce et bien ample. De mémoire j’ai une préférence pour l’ancien New Yarmouth.

CDI Venezuela (version à 58%) : c’est intense, avec des notes d’iode et de mélasse, le boisée est rond et pas piquant. Un rhum déroutant et intéressant.

 

 

Plantation

J’arrive tout doucement vers la fin de mon périple avec la maison Ferrant et ses célèbres Plantations. Cette année ce sont deux petites nouveautés de la gamme standard et deux avant premières gentiment dévoilées de derrière les fagots.

Plantation Péru : c’est rond, pas trop doux, bien ficelé mais malheureusement pas vraiment à mon goût.

Plantation Fiji : après le très bon extrême, j’attendais avec impatience cette version plus commune. Il n’est pas trop doux, avec une belle typicité. Des notes de fruits assez présent. Bien agréable.

Extrême N3 Jamaïque (Long Pond) HTC : Le nez est équilibré et agréable. La bouche est intense avec une belle complexité. Un très bon jamaïcain.

Extrême N3 Jamaïque (Long Pond) ITP : Plus boisé que son prédécesseur, des notes de tabac plus intenses et une finale plus longue. Une superbe surprise.

Plantation Extreme N3 Long POnd

 

L’Esprit

Place au dernier embouteilleur indépendant de la journée : L’Esprit qui nous propose 5 nouvelles sélections.

Blanc Martinique : Le nez est poivré et floral. La bouche est vive est se développe vers des notes poivrées. La finale est plutôt courte. Après pas mal de discussions on serait sur un distillat de la Favorite.

Esprit Jamaican : Au nez c’est gourmand, fruité. En bouche on retrouve des épices (cannelle) et des fruits mûrs.

Esprit Beenleigh : Le nez fait penser à un Foursquare avec un coté rond et gourmand. La bouche est d’un boisé fin avec des fruits confits et un bel équilibre. Un rhum de très bonne facture.

L'Esprit Beenleigh

PS : Les blanc Port Mourant et South Pacific ont été testé mais trop rude pour ma part, pas facile de s’y délecter et je ne sais toujours pas comment déguster correctement ces rhums (dilué, mixo, …).

En Conclusion

Fin de cette édition pour ma part, vraiment heureux d’avoir pu y participer. Quelques stands me sont passés sous le nez (Reimonenq, Bologne, Bielle) : on s’y attardera l’année prochaine. Des rencontres toujours enrichissantes même si très rapides cette année. Un peu de regret de n’avoir pas pu prendre plus mon temps pour partager avec les exposants et autres amis du rhum mais ce n’est que partie remise 😉

 

PS: Merci à Seb Seb pour les photos qui me manquaient

Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du rhum – La Barbade

« Brrrr qu’est-ce que ça caille ! »

C’est à peu près la phrase qui a animé l’arrivée de chacun des participants de cette nouvelle soirée des « Amis des amis du rhum ». Heureusement, notre programme était beaucoup plus chaleureux que l’air extérieur puisque la sélection du jour nous a envoyé vers l’île de la Barbade, au cœur des caraïbes.

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Passé l’apéro avec un planteur, certes frais, mais accueillant, nous attaquons la dégustation. A noter cependant, les notes ci-dessous sont le résultat des impressions de l’assemblée, ayant décidé de mettre en commun nos impressions pour ce compte rendu.

Saint Nicholas Abbey blanc – 40%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8305Ce blanc, seul véritable blanc commercialisé à la Barbade, est réalisé à base d’un « sirop de jus de canne » fermenté et distillé en Pot Still à 100%. Ce sirop est en fait le jus frais qui est évaporé sous vide, permettant son stockage et la fabrication du rhum tout au long de l’année.

À la dégustation, le rhum exprime un nez surprenant pour des habitués de l’agricole : c’est végétal et floral à la fois. Les fruits sont présents aussi main principalement des agrumes, citron et mandarine en tête. Certains y retrouvent même de la banane plantain. La bouche est cohérente, avec une impression très pâtissière, comme si le rhum était beurré, voire crémeux. Les arômes sont de la même gamme que ceux du nez, sur le floral et les agrumes.

Saint Nicholas Abbey 12 ans – 40%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8307

Passons maintenant au même rhum, mais après 12ans de passage en fût ex-bourbon. La première impression est un « waouh » en voyant la carafe qui est juste magnifique, gravée de l’habitation et fermée par un beau bouchon en bois : c’est très réussi.

Au nez les premières impressions sont clairement pâtissières, accompagnées d’amande et de fruits confits. Celles-ci s’accompagnent, pêle-mêle, de vanille, de cassonade, de banane mûre et d’un arôme assimilé au solvant. Le verre vide apportera par la suite un net retour sur le tabac frais. Un bel ensemble en tout cas.

La bouche, passée une première attaque légèrement poivrée, part sur le beurre, cuit voire légèrement brûlé. L’impression générale est d’avoir un de ces chocolats au lait beurré/sucré à souhait (genre kinder). C’est doux et agréable, ça tapisse la bouche. En résumé : une bien belle découverte !

Mount Gay 1703 old cask selection – 43%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8311Partons vers le sud de l’île pour passer à la plus vieille distillerie du monde, à savoir Mount Gay. Et pour découvrir cette maison, quoi que mieux que son fer de lance, la cuvée 1703, assemblages de rhums vieux de 10 à 30 ans. Notons qu’il s’agit là de l’ancienne version de la carafe, Mount Gay venant de modifier sa carafe et son contenu.

Le nez est enjôleur, très expressif, le premier nez est agrémenté de banane avant de partir sur la vanille, le toffee, avec juste un peu d’alcool mais rien d’excessif. On y retrouve également des notes de cire (celle qu’on applique sur les meubles,) mais pas « fraîche » à l’application, plutôt sur l’odeur du meuble déjà ciré.

La bouche, bien que reprenant les mêmes arômes que le nez, est plus courte et plus sage. C’est agréable mais ça manque un peu de longueur.

Cockspur VSOR 12 – 40%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8312Nouveau changement de distillerie, même si on ne se déplace que de quelques kilomètres, direction la West Indies Rum Distillery (WIRD), dont le rhum le plus connu est ce Cockspur (pourtant pas très connu). WIRD a une gamme relativement restreinte et ce VSOR en est le fer de lance, malgré son positionnement tarifaire très intéressant.

Côté dégustation, le nez est plein de promesses : du boisé, de la réglisse, de la cerise noire, de l’amande amère aussi. Un nez qui sent bon la « grosse mélasse qui colle », si caractéristique de la région du Demerara, pas si lointaine que ça finalement.  La bouche est elle aussi bien riche, avec un mélange des arômes du nez mais marqués par un chocolat bien noir avec ce mélange d’amertume et d’acidité caractéristique. Malgré tout ça l’impression générale de la bouche n’est pas grasse et collante, elle serait même un peu fraîche. Un vrai coup de cœur général ce Cockspur !

Foursquare Triptych Velier – 56%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8313Last but not least ; nous passons ensuite à la dernière distillerie de l’île que nous n’avions pas encore abordé : Foursquare. De cette distillerie sortent plusieurs marques différentes et nous aurions pu faire une sélection complète rien qu’avec ces références mais nous allons plutôt déguster deux références plutôt emblématiques de chez eux. Première référence, ce Triptych, fruit de l’assemblage de 3 millésimes, chacun vieilli dans un type de fût différent.

Le résultat est étonnant avec un nez très marqué par la poudre à canon. On y retrouve aussi des sensations de colle de contact et de glace rhum/raisin. En bouche, dès le début on part sur le vin cuit , avec une légère amertume, principalement au premier contact. Ensuite viennent les épices, le poivre et de nouveau cette poudre à canon. Les fruits ne sortent qu’en finale.

Foursquare 2004 Cask Strength – 59%

Passage ensuite à l’embouteillage « maison » de Foursquare avec ce 2004 brut de fût ayant passé 11 ans dans un fût ex-bourbon.

Le nez est enjôleur, sur la coco et la vanille. Un nez vraiment pâtissier qui donne envie d’y aller.  La bouche est bien plus marquée par les fruits avec des fruits exotiques et du zeste d’agrume. Viennent ensuite un mélange de fruits cuits et de vanille, un peu comme si on avait fait une compote d’ananas/lychee avec une gousse de vanille dedans.

Last Ward 2007 Habitation Velier – 59%

received_10155639584583173Nous terminerons cette belle soirée en retournant à l’ouest de l’île, chez Mount Gay, pour découvrir ce rhum issu d’une triple distillation. Un des derniers ayant été distillé sous le règne de la famille Ward.

Au nez nous partons directement sur de l’ananas bien mûr, avec juste une pointe d’acidité. Mes voisins retrouvent aussi de la levure de bière et même du bonbon à la fraise (avec la précision : « mais pas fraise tagada, plutôt lacet-fraise »).  La bouche rappelle les arômes du nez avec un peu moins d’ananas. Par contre on retrouve un petit côté terreux et cet arôme de bonbon fraise qui a viré en goût de bonbon « couilles de singe » (ceux qui ne connaissent pas, ça existe en bonbon et en liqueur et c’est censé être au goût cerise).

Conclusion

Voilà donc qui clôture en beauté notre voyage sur les terres de Rihanna. Ce périple nous aura entraîné dans chacune des distilleries de la Barbade et nous aurait fait découvrir toutes les facettes de cette île ancestrale du rhum et qui pourtant est en continuelle évolution.

Prochain rendez-vous des amis des amis du rhum ? Nous irons poser le pied sur la terre ferme du continent pour remonter le fleuve Demerara 😉

A bientôt !

 

Crédit photos: Michaël Muller, Cédric Lorne et Cédric Siperius

Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du Rhum – Neisson

Nous voilà partis pour l’une des soirées des plus attendues pour certains et surtout pour l’organisateur :D, la soirée dédiée à Neisson. Alors pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Neisson est l’une des dernières distilleries familiales de la Martinique avec une des plus petites capacités de production (avec La Favorite) et est la première à passer au rhum Bio.

Neisson Line UP

Après le traditionnel planteur (au Neisson 55% cette fois), nous démarrons ce line up très prometteur.

Neisson Blanc 52,5Le Rhum par Neisson – 52,5%

Comme d’habitude, c’est un blanc qui ouvre le bal. Ici, le fer de lance pour les ti-punch local : Le Rhum par Neisson 52,5%. Le nez est végétal, avec du zeste de citron vert, assez minéral (forêt humide) et évidemment de la canne fraîche. On nage en plein dans le champ de canne. La bouche est sur les agrumes, le poivre et l’anis. En Ti-punch, la canne à sucre fait son apparition et tout ces arômes se retrouvent exaltés. Le verre vide laisse réellement place à ce côté alcalin que l’on avait ressenti au nez.

Neisson Profil 105

Neisson Profil 105 – 54,2%

Après cette belle mise en bouche, nous commençons la gamme des rhums mis en vieillissement avec une révélation de l’année 2016 : le Profil 105. Ce rhum, vieilli pendant 20 mois dans des fûts presque neufs (un premier remplissage rapide afin de préparer le fût), conçus avec des douelles de chêne français et américains en alternance, le tout chauffé avec un profil de chauffe moyen (qui porte le numéro 105 pour ceux qui suivent). Il est assez rare que l’on nous propose des rhums élevés-sous-bois (ESB) dans ces soirées mais nous pensons que l’assemblée a été conquise. Des fruits secs, de l’orange, de la vanille, des notes beurrées et empyreumatiques (moka, pain grillé), voilà pour le nez. En bouche les agrumes et le léger boisé (café-moka) donnent un très bon équilibre pour ce rhum très jeune et plein de vivacité (54,2% on vous rappelle).

 

Neisson VieuxLe Rhum Vieux par Neisson – 45%

Ce rhum est une nouveauté, issu de la refonte de la gamme pour les 85 ans de la distillerie. Il est composé de 70% de rhum de 3 ans d’âge (minimum requis pour l’appellation vieux) et 30% de 9 ans d’âge. Au nez, le premier humage est sur le solvant et avec de l’aération on y retrouve de la frangipane, du boisé bien intégré et des notes miellées et une pincée de poivre blanc. La bouche est au premier abord vive sur l’alcool, ensuite les fruits sec (amandes) et la vanille font leur apparition. La mie de pain vient clôturer le bal très équilibré. Un peu léger en bouche mais vraiment bien fait.

 

Neisson 2012 SCNeisson 2012 Single Cask – 49,2%

Premier millésimé de la soirée : 2012 Single Cask embouteillé pour la maison du Rhum, seul rhum du line-up à ne pas avoir revêtu les traditionnelles Zepol Karé. Un rhum relativement jeune (4 ans) et brut de fût, sorti à 250 exemplaires pour le salon de Spa 2017 (il y a encore possibilité de trouver une bouteille qui traîne chez un caviste belge si vous ne traînez pas). Le nez est porté par du beurre, du poivre, du pamplemousse avec un tout floral et plutôt fin. En bouche, on ressent directement le brut de fût (à la manière du profil 105), les fruits secs (noisette), le cuir et le coté floral sont par la suite bien présent. Le tout est bien rond et se marie bien. La finale est plus portée sur le boisé-grillé.

 

Neisson XOLe Rhum XO par Neisson – 48,5%

Second rhum ayant subi la refonte pour les 85 ans : le XO, un assemblage de rhum de 9 à 12 ans (bien plus que les 6 règlementaires). Le nez est très charmeur, sur le cuir, le cacao, la noix, le boisé (sapin) et le café. En bouche, le boisé fait son apparition avec des notes de fruits (blancs et exotiques) en plus des notes retrouvées au nez. L’ensemble forme toujours un superbe équilibre et cette fois une finale bien longue et persistante.

Neisson 12ansNeisson 12 ans – 52,7%

Dernier rhum vieux de la soirée : le 12 ans d’âge, ou millésime 2004 batch 3 pour les puristes ! Le nez est sur les fruits confits, le cacao amer, le cuir et des épices (piment, gingembre). La bouche offre une large palette aromatique onctueuse avec boisé bien fondu, toujours les fruits confits et une note fraîche. La finale est fine et sèche.

 

 

L’Esprit et L’Esprit Bio – 70% et 66%

Petite exception lors de cette soirée, nous allons terminer le tour de la distillerie par du rhum blanc. Non pas une mais deux références dont voici les concurrents : sur notre gauche, l’Esprit de Neisson, un rhum exclusivement canne bleue, (presque) brut de colonne titrant à 70% crée pour les 70 ans de la distillerie (il est rectifié pour être précisément à 70%). À droite, son petit frère : l’Esprit BIO, nouveauté de 2017, exclusivement en canne (bleue ?) entièrement issu de l’agriculture biologie, un label très difficile à obtenir, titrant à 66%. De quoi faire un beau match !

Au nez les deux sont sur de la canne fraîche (normal jusque-là !), l’esprit est plutôt minéral (terre humide), floral et notes de truffes alors que le BIO est plus sur l’agrume (citron) et offre une plus grand amplitude aromatique. En bouche, il faut y aller doucement car les watts sont bien présents. L’esprit est bien minéral (terreux) et sur la truffe. Le BIO est légèrement sucré et toujours cette note d’agrume. Personnellement, c’est le BIO qui m’a le plus séduit et il se suffit tout seul en ti-punch !

Neisson Line UP

Conclusion

Nous avons eu la chance de découvrir (ou redécouvrir pour certains) cette petite distillerie avec de superbes produits. La qualité est toujours présente et rares sont les fausses notes. Les vieux ont un équilibre impressionnant, un vrai travail d’artiste. Malheureusement, la perfection a un prix… On ne peut d’ailleurs que tirer notre chapeau à notre hôte qui, pour un prix très démocratique, a pu proposer un bel éventail de cette distillerie de La Martinique.

À bientôt pour une prochaine soirée 😉

 

Crédit photos : Michaël Muller

Dégustations de Spiritom, Rhums à l'honneur

Diamond & Versailles 1996

C’est en cette période de Noël que le Belgium Rhum Club a tenu à faire partager une partie d’histoire du rhum :

Tout ce qui va suivre a été rendu possible grâce aux démarches de Cyril Weglarz, Vincent Dufrane et Luca Gargano. En effet, ce dernier ne voulant pas que sa dernière référence DDL ne soit spéculée comme le reste de ses embouteillages Demarara sur le second marché, il a préféré ne la proposer en dégustation que lors de masterclass plutôt que de les mettre en vente normalement comme le reste de la gamme.
Mais après quelques années (pour les 70ans de la maison Velier), il a envie d’en faire profiter ses amateurs passionnés. C’est là que lui vient l’idée de ne les vendre qu’à différents clubs de dégustations ou amateurs chevronnés (à raison d’une bouteille maximum par client). C’est grâce aux démarches de Cyril Weglarz que notre ami Vincent a donc pu se procurer une bouteille de ce précieux breuvage et ce afin de le partager avec vous. Voilà pour la petite histoire de la bouteille.

Diamond & Versailles 1996

Passons maintenant à son contenu : un rum de Demarara Distillers Limited, blend de 2 alambics : un Coffey Still en métal (le Diamond S) et un pot Still en bois (le Versailles VSG) distillé en 1996 et assemblé avant la mise en fût. Dépotage des 2 uniques fûts créés en 2014. Durant ces 18 années, les anges ont « affoné » (oui, c’est vraiment le terme) plus 78% du précieux nectar ; ne permettant de sortir que 570 bouteilles au final, le tout en brut de fût à 57,9%.

Voici maintenant notre petite note de dégustation :

La robe est sombre et assez mate avec des reflets acajous.

Au nez, on retrouve le côté lourd du Demerara avec du café, les fruits blancs murs sont bien présents, des notes empyreumatiques toastées, du poivre blanc et de la cannelle. L’alcool ne se fait pas sentir du tout et le tout est vraiment bien équilibré. Avec de l’aération, le café laisse de la place à un boisé fin qui se marie à la perfection avec les notes de fruits.

La bouche est puissante (gardez en mémoire qu’il fait 57,9%), grasse et plutôt ronde. Les fruits rouges cette fois sont bien présents. Ceux-ci avec le léger boisé, des notes grillées, de mélasse et acidulées forment un tout bien équilibré. La fin de bouche évolue sur des notes plus sèches avec de la réglisse.

La finale est bien longue et persistante comme sur ce genre de produit avec de l’orange et une petite pointe de piment qui vous donne envie de retremper vos lèvres dans le verre …. Mais malheureusement, il est déjà vide 😥

Diamond & Versailles 1996

L’ensemble de la bouteille n’étant pas parti (oui, on a été sage, il reste quelques cl), le reste vous sera proposé en split par Vincent sur la page du BRC et ce au prix d’achat !

Stay tuned et joyeuses fêtes !