Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du rhum – La Barbade

« Brrrr qu’est-ce que ça caille ! »

C’est à peu près la phrase qui a animé l’arrivée de chacun des participants de cette nouvelle soirée des « Amis des amis du rhum ». Heureusement, notre programme était beaucoup plus chaleureux que l’air extérieur puisque la sélection du jour nous a envoyé vers l’île de la Barbade, au cœur des caraïbes.

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Passé l’apéro avec un planteur, certes frais, mais accueillant, nous attaquons la dégustation. A noter cependant, les notes ci-dessous sont le résultat des impressions de l’assemblée, ayant décidé de mettre en commun nos impressions pour ce compte rendu.

Saint Nicholas Abbey blanc – 40%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8305Ce blanc, seul véritable blanc commercialisé à la Barbade, est réalisé à base d’un « sirop de jus de canne » fermenté et distillé en Pot Still à 100%. Ce sirop est en fait le jus frais qui est évaporé sous vide, permettant son stockage et la fabrication du rhum tout au long de l’année.

À la dégustation, le rhum exprime un nez surprenant pour des habitués de l’agricole : c’est végétal et floral à la fois. Les fruits sont présents aussi main principalement des agrumes, citron et mandarine en tête. Certains y retrouvent même de la banane plantain. La bouche est cohérente, avec une impression très pâtissière, comme si le rhum était beurré, voire crémeux. Les arômes sont de la même gamme que ceux du nez, sur le floral et les agrumes.

Saint Nicholas Abbey 12 ans – 40%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8307

Passons maintenant au même rhum, mais après 12ans de passage en fût ex-bourbon. La première impression est un « waouh » en voyant la carafe qui est juste magnifique, gravée de l’habitation et fermée par un beau bouchon en bois : c’est très réussi.

Au nez les premières impressions sont clairement pâtissières, accompagnées d’amande et de fruits confits. Celles-ci s’accompagnent, pêle-mêle, de vanille, de cassonade, de banane mûre et d’un arôme assimilé au solvant. Le verre vide apportera par la suite un net retour sur le tabac frais. Un bel ensemble en tout cas.

La bouche, passée une première attaque légèrement poivrée, part sur le beurre, cuit voire légèrement brûlé. L’impression générale est d’avoir un de ces chocolats au lait beurré/sucré à souhait (genre kinder). C’est doux et agréable, ça tapisse la bouche. En résumé : une bien belle découverte !

Mount Gay 1703 old cask selection – 43%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8311Partons vers le sud de l’île pour passer à la plus vieille distillerie du monde, à savoir Mount Gay. Et pour découvrir cette maison, quoi que mieux que son fer de lance, la cuvée 1703, assemblages de rhums vieux de 10 à 30 ans. Notons qu’il s’agit là de l’ancienne version de la carafe, Mount Gay venant de modifier sa carafe et son contenu.

Le nez est enjôleur, très expressif, le premier nez est agrémenté de banane avant de partir sur la vanille, le toffee, avec juste un peu d’alcool mais rien d’excessif. On y retrouve également des notes de cire (celle qu’on applique sur les meubles,) mais pas « fraîche » à l’application, plutôt sur l’odeur du meuble déjà ciré.

La bouche, bien que reprenant les mêmes arômes que le nez, est plus courte et plus sage. C’est agréable mais ça manque un peu de longueur.

Cockspur VSOR 12 – 40%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8312Nouveau changement de distillerie, même si on ne se déplace que de quelques kilomètres, direction la West Indies Rum Distillery (WIRD), dont le rhum le plus connu est ce Cockspur (pourtant pas très connu). WIRD a une gamme relativement restreinte et ce VSOR en est le fer de lance, malgré son positionnement tarifaire très intéressant.

Côté dégustation, le nez est plein de promesses : du boisé, de la réglisse, de la cerise noire, de l’amande amère aussi. Un nez qui sent bon la « grosse mélasse qui colle », si caractéristique de la région du Demerara, pas si lointaine que ça finalement.  La bouche est elle aussi bien riche, avec un mélange des arômes du nez mais marqués par un chocolat bien noir avec ce mélange d’amertume et d’acidité caractéristique. Malgré tout ça l’impression générale de la bouche n’est pas grasse et collante, elle serait même un peu fraîche. Un vrai coup de cœur général ce Cockspur !

Foursquare Triptych Velier – 56%

DEGUSTATION BARBADES_230218-8313Last but not least ; nous passons ensuite à la dernière distillerie de l’île que nous n’avions pas encore abordé : Foursquare. De cette distillerie sortent plusieurs marques différentes et nous aurions pu faire une sélection complète rien qu’avec ces références mais nous allons plutôt déguster deux références plutôt emblématiques de chez eux. Première référence, ce Triptych, fruit de l’assemblage de 3 millésimes, chacun vieilli dans un type de fût différent.

Le résultat est étonnant avec un nez très marqué par la poudre à canon. On y retrouve aussi des sensations de colle de contact et de glace rhum/raisin. En bouche, dès le début on part sur le vin cuit , avec une légère amertume, principalement au premier contact. Ensuite viennent les épices, le poivre et de nouveau cette poudre à canon. Les fruits ne sortent qu’en finale.

Foursquare 2004 Cask Strength – 59%

Passage ensuite à l’embouteillage « maison » de Foursquare avec ce 2004 brut de fût ayant passé 11 ans dans un fût ex-bourbon.

Le nez est enjôleur, sur la coco et la vanille. Un nez vraiment pâtissier qui donne envie d’y aller.  La bouche est bien plus marquée par les fruits avec des fruits exotiques et du zeste d’agrume. Viennent ensuite un mélange de fruits cuits et de vanille, un peu comme si on avait fait une compote d’ananas/lychee avec une gousse de vanille dedans.

Last Ward 2007 Habitation Velier – 59%

received_10155639584583173Nous terminerons cette belle soirée en retournant à l’ouest de l’île, chez Mount Gay, pour découvrir ce rhum issu d’une triple distillation. Un des derniers ayant été distillé sous le règne de la famille Ward.

Au nez nous partons directement sur de l’ananas bien mûr, avec juste une pointe d’acidité. Mes voisins retrouvent aussi de la levure de bière et même du bonbon à la fraise (avec la précision : « mais pas fraise tagada, plutôt lacet-fraise »).  La bouche rappelle les arômes du nez avec un peu moins d’ananas. Par contre on retrouve un petit côté terreux et cet arôme de bonbon fraise qui a viré en goût de bonbon « couilles de singe » (ceux qui ne connaissent pas, ça existe en bonbon et en liqueur et c’est censé être au goût cerise).

Conclusion

Voilà donc qui clôture en beauté notre voyage sur les terres de Rihanna. Ce périple nous aura entraîné dans chacune des distilleries de la Barbade et nous aurait fait découvrir toutes les facettes de cette île ancestrale du rhum et qui pourtant est en continuelle évolution.

Prochain rendez-vous des amis des amis du rhum ? Nous irons poser le pied sur la terre ferme du continent pour remonter le fleuve Demerara 😉

A bientôt !

 

Crédit photos: Michaël Muller, Cédric Lorne et Cédric Siperius

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Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du Rhum – Neisson

Nous voilà partis pour l’une des soirées des plus attendues pour certains et surtout pour l’organisateur :D, la soirée dédiée à Neisson. Alors pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Neisson est l’une des dernières distilleries familiales de la Martinique avec une des plus petites capacités de production (avec La Favorite) et est la première à passer au rhum Bio.

Neisson Line UP

Après le traditionnel planteur (au Neisson 55% cette fois), nous démarrons ce line up très prometteur.

Neisson Blanc 52,5Le Rhum par Neisson – 52,5%

Comme d’habitude, c’est un blanc qui ouvre le bal. Ici, le fer de lance pour les ti-punch local : Le Rhum par Neisson 52,5%. Le nez est végétal, avec du zeste de citron vert, assez minéral (forêt humide) et évidemment de la canne fraîche. On nage en plein dans le champ de canne. La bouche est sur les agrumes, le poivre et l’anis. En Ti-punch, la canne à sucre fait son apparition et tout ces arômes se retrouvent exaltés. Le verre vide laisse réellement place à ce côté alcalin que l’on avait ressenti au nez.

Neisson Profil 105

Neisson Profil 105 – 54,2%

Après cette belle mise en bouche, nous commençons la gamme des rhums mis en vieillissement avec une révélation de l’année 2016 : le Profil 105. Ce rhum, vieilli pendant 20 mois dans des fûts presque neufs (un premier remplissage rapide afin de préparer le fût), conçus avec des douelles de chêne français et américains en alternance, le tout chauffé avec un profil de chauffe moyen (qui porte le numéro 105 pour ceux qui suivent). Il est assez rare que l’on nous propose des rhums élevés-sous-bois (ESB) dans ces soirées mais nous pensons que l’assemblée a été conquise. Des fruits secs, de l’orange, de la vanille, des notes beurrées et empyreumatiques (moka, pain grillé), voilà pour le nez. En bouche les agrumes et le léger boisé (café-moka) donnent un très bon équilibre pour ce rhum très jeune et plein de vivacité (54,2% on vous rappelle).

 

Neisson VieuxLe Rhum Vieux par Neisson – 45%

Ce rhum est une nouveauté, issu de la refonte de la gamme pour les 85 ans de la distillerie. Il est composé de 70% de rhum de 3 ans d’âge (minimum requis pour l’appellation vieux) et 30% de 9 ans d’âge. Au nez, le premier humage est sur le solvant et avec de l’aération on y retrouve de la frangipane, du boisé bien intégré et des notes miellées et une pincée de poivre blanc. La bouche est au premier abord vive sur l’alcool, ensuite les fruits sec (amandes) et la vanille font leur apparition. La mie de pain vient clôturer le bal très équilibré. Un peu léger en bouche mais vraiment bien fait.

 

Neisson 2012 SCNeisson 2012 Single Cask – 49,2%

Premier millésimé de la soirée : 2012 Single Cask embouteillé pour la maison du Rhum, seul rhum du line-up à ne pas avoir revêtu les traditionnelles Zepol Karé. Un rhum relativement jeune (4 ans) et brut de fût, sorti à 250 exemplaires pour le salon de Spa 2017 (il y a encore possibilité de trouver une bouteille qui traîne chez un caviste belge si vous ne traînez pas). Le nez est porté par du beurre, du poivre, du pamplemousse avec un tout floral et plutôt fin. En bouche, on ressent directement le brut de fût (à la manière du profil 105), les fruits secs (noisette), le cuir et le coté floral sont par la suite bien présent. Le tout est bien rond et se marie bien. La finale est plus portée sur le boisé-grillé.

 

Neisson XOLe Rhum XO par Neisson – 48,5%

Second rhum ayant subi la refonte pour les 85 ans : le XO, un assemblage de rhum de 9 à 12 ans (bien plus que les 6 règlementaires). Le nez est très charmeur, sur le cuir, le cacao, la noix, le boisé (sapin) et le café. En bouche, le boisé fait son apparition avec des notes de fruits (blancs et exotiques) en plus des notes retrouvées au nez. L’ensemble forme toujours un superbe équilibre et cette fois une finale bien longue et persistante.

Neisson 12ansNeisson 12 ans – 52,7%

Dernier rhum vieux de la soirée : le 12 ans d’âge, ou millésime 2004 batch 3 pour les puristes ! Le nez est sur les fruits confits, le cacao amer, le cuir et des épices (piment, gingembre). La bouche offre une large palette aromatique onctueuse avec boisé bien fondu, toujours les fruits confits et une note fraîche. La finale est fine et sèche.

 

 

L’Esprit et L’Esprit Bio – 70% et 66%

Petite exception lors de cette soirée, nous allons terminer le tour de la distillerie par du rhum blanc. Non pas une mais deux références dont voici les concurrents : sur notre gauche, l’Esprit de Neisson, un rhum exclusivement canne bleue, (presque) brut de colonne titrant à 70% crée pour les 70 ans de la distillerie (il est rectifié pour être précisément à 70%). À droite, son petit frère : l’Esprit BIO, nouveauté de 2017, exclusivement en canne (bleue ?) entièrement issu de l’agriculture biologie, un label très difficile à obtenir, titrant à 66%. De quoi faire un beau match !

Au nez les deux sont sur de la canne fraîche (normal jusque-là !), l’esprit est plutôt minéral (terre humide), floral et notes de truffes alors que le BIO est plus sur l’agrume (citron) et offre une plus grand amplitude aromatique. En bouche, il faut y aller doucement car les watts sont bien présents. L’esprit est bien minéral (terreux) et sur la truffe. Le BIO est légèrement sucré et toujours cette note d’agrume. Personnellement, c’est le BIO qui m’a le plus séduit et il se suffit tout seul en ti-punch !

Neisson Line UP

Conclusion

Nous avons eu la chance de découvrir (ou redécouvrir pour certains) cette petite distillerie avec de superbes produits. La qualité est toujours présente et rares sont les fausses notes. Les vieux ont un équilibre impressionnant, un vrai travail d’artiste. Malheureusement, la perfection a un prix… On ne peut d’ailleurs que tirer notre chapeau à notre hôte qui, pour un prix très démocratique, a pu proposer un bel éventail de cette distillerie de La Martinique.

À bientôt pour une prochaine soirée 😉

 

Crédit photos : Michaël Muller

Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du Rhum – Bielle et Libération

Un mois s’est écoulé depuis la soirée jamaïcaine et nous voilà déjà pour la dernière soirée de l’année. Ce coup-ci, nous nous envolons sur l’île aux cents moulins et plus précisément dans les chais de l’habitation Bielle pour un petit duel entre la maison mère et l’annexe : j’ai nommé Rhum Rhum.

MarieGalante Line Up

Rhum Rhum (ou PMG pour Pur Marie-Galante) est un projet audacieux né de la collaboration en 2006 de Bielle, Luca Gargano et son ami Gianni Capovilla. L’idée est de créer un pur single agricole rhum. Les cannes sont donc les mêmes que celles de chez Bielle mais la fermentation se fait sur 7 à 9 jours (contre 48h pour Bielle) et le vin est distillé dans 2 alambics à repasse de type Muller (contre 3 colonnes Savalle chez Bielle). Pour le vieillissement, Bielle utilise principalement des fûts ex-bourbon alors que Rhum Rhum utilise des anciens fûts de Sauternes (Château d’Yquem), d’où la mention bois noble sur les étiquettes. Voilà pour la partie plus technique !

Passons à la partie dégustation avec, comme à l’habitude, 1 rhum blanc et 6 rhum vieux.

Rhum Rhum 56%Rhum Rhum PMG – 56%

Comme rhum blanc le choix s’est porté sur le Rhum Rhum blanc 56%. Le nez est iodé, végétal avec du poivre, légèrement « rocailleux ». La bouche est assez sèche et intense avec des fruits rouges. C’est en ti-punch qu’il se dévoile le plus avec une palette aromatique plus ample et plus parfumée.

Bielle 2006 – 42%Bielle 2006

Nous commençons les vieux est ce millésime 2006 titrant à 42% et âgé de 5 ans. Le nez est rond et fruité. On retrouve de l’amande et un léger côté vineux. Ensuite, c’est la fleur fraîche, le cacao et une pointe d’orange qui apparaissent.

Le côté pâtissier s’impose : très rond, chaleureux et gourmand, avec des fruits à chair blanche. La longueur par contre est un peu décevante.

Liberation 2012

Libération 2012 – 45%

Premier des trois libérations proposés pour la soirée, il est distillé en 2007 pour être embouteillé en 2012, soit 5 ans. Nous sommes donc sur le même âge (et à un millésime prêt) que la dégustation précédente. Le nez fait ressortir le Sauternes. C’est très rond, sur les fruits cuits (la poire) et un léger boisé. Avec de l’aération, c’est la poudre à canon qui s’impose : on se croirait en pleine canonnade d’un galion sur la mer des Antilles.

Les fruits confits sont vraiment présents, portés par une pointe de piment. Le boisé se fait sentir lui aussi, on perçoit même de la réglisse, comme si on avait un de ces bâtons dans la bouche.

Libération 2015 – 45%Liberation 2015

Cuvée 2015 avec un distillat de 2010 soit le même âge que la cuvée précédente. Au nez, le boisé se fait plus présent ainsi que les fruits exotiques. On peut y percevoir du sucre fondu qui fait penser à de la compotée de pomme.

En bouche, on est sur les fruits jaunes, dominés par la banane. Une belle longueur qui laisse en fin de bouche une sensation de caramel fondu qu’on avait deviné au nez.

 

Liberation 2017Libération 2017 Intégrale – 58,4%

Dernière de la soirée chez les Rhum Rhum, le Libération 2017 avec le même distillat que le 2015 (avec 2 ans de plus si vous avez suivi) mais en brut de fût cette fois. Le nez fait ressortir des fruits compotés, du vernis et on retrouve de la poudre à canon.

La bouche est explosive (on a du mettre le feu à la poudre, sans doute). Cette première bouche est rude, mais une fois cette explosion passée, on retrouve les fruits compotés et la canelle du nez, exacerbés par du piment.

Bielle 2008 40ème anniversaire – 53,4%Bielle 2008

Nous retournons chez Bielle avec ce millésime 2008 sorti pour les 40ans de la distillerie en brut de fût. Le nez fait ressortir des fruits blancs (melon Charentais qu’on a laissé prendre le soleil sur la plage arrière de la voiture en remontant du Sud) et agrumes (zeste de citron vert).

La bouche est toujours sur le fruit, avec des notes cacao. Assez complexe, elle demande de l’ouverture pour laisser apparaître des notes d’orangettes. Une bouche vraiment ronde et savoureuse.

Bielle 2007Bielle 2007 – 57,3%

Dernière référence de ce line up le brut de fût 2007 soutiré en 2014. Le nez est fruité sur la poire et la pêche, un léger boisé et un peu de toasté pour un tout bien équilibré. La bouche est plus explosive, l’alcool s’en ressent et les arômes reste toujours sur les fruits (orange-pamplemousse) avec des notes plus torréfiées. En finale ce sont des fruits cuits et du cacao qui se marient parfaitement.

 

 

Cette confrontation Bielle – Rhum Rhum était très intéressante. D’un côté un Bielle plus fruité et équilibré et de l’autre une extravagance bien différente des autres rhums agricoles avec des arômes bien trempés (boisé, poudre à canon). Hâte de pouvoir découvrir le prochain Rhum Rhum 2007 qui aura lui 10ans de vieillissement.

MarieGalante_ Line UP

En cette période de fêtes c’est avec une grande joie que le Belgium Rhum Club avait prévu une petite surprise pour les participants Pour les curieux, ça se passe par ici

Passez de bonne fêtes de fin d’année, on se retrouve en janvier pour un tour d’une grande maison martiniquaise familiale qui vient de fêter ses 85 printemps.

Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du Rhum – La Jamaïque!

C’est dans une ambiance décontractée sur fond de reggae mais sans les dreadlocks que nous nous retrouvons pour une nouvelle soirée dégustation des amis des amis du rhum autour d’un thème des plus alléchants : découverte des rums de la Jamaïque !

L’apéro donne directement le ton : le planteur habituel est remplacé pour l’occasion par un cocktail jamaïcain à base de Wray & Nephew overproof (63% d’ABV, ça annonce le niveau de la soirée) et de Ginger Beer fait maison -la recette est au bas de l’article pour les cuistots en herbe- avec quelques gouttes d’Angostura Bitter et/ou de sirop de gingembre.

Après cette mise en bouche, place au line up. Pour cette soirée jamaïcaine, notre hôte nous a fait voyager autour de cinq distilleries de l’île (qui en compte actuellement six) tout cela dans un ordre bien étudié pour correctement bombarder nos papilles d’esters.

 

Habitation Velier Forsyths WP 502

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Commençons avec l’Habitation Velier Forsyths WP 502 de la distillerie Worthy Park. Ce pure single rum signé Luca Gargano titre à 57% avec 502g d’ester. Le nez est très basé sur le solvant, les fruits frais (ananas), l’olive verte et le pain grillé. La bouche est lourde avec des fruits rouges mûrs et le foin qui se démarquent. La finale revient sur l’olive avec un côté salin. En ti-punch, le côté fruité de l’ananas ressort d’autant plus avec une gourmandise assez marquée.

 

Appleton 21 ans

Appleton 21

Après s’être sustentés, nous continuons notre tour de l’île avec la distillerie la plus connue: Appleton Estate.

Ce rum est un assemblage de distillats âgés entre 21 et 30 ans et titrant à 43%. Il est vraiment très ron(d), sur la vanille et légèrement sur les fruits à coque. La bouche est assez courte et sèche, toujours sur la vanille. Le verre vide fait ressortir des arômes de muscade. Il est assez déroutant pour un rum de la Jamaïque et je suis sûr qu’à l’aveugle j’aurais parié sur un ron.

 

Kill Devil Monymusk 2003

Kill Devil Jamaica 12ans

Cette version Monymusk (distillerie de Clarendon) de cette récente marque -embouteilleur écossais- est réduite à 46% et âgée de 12 ans. Le nez est très herbacé, avec de la fleur blanche (presque de l’ortie blanche un soir de pleine lune … , spéciale dédicace à Roger ^^) et tout en finesse ; il n’attaque pas les naseaux avec des esters plein la vue mais est bien frais, sage et bien ficelé ; cela me plait bien. La bouche reste sur le côté floral avec des notes de céréales et une finale longue et légère apportant une note d’amertume, de sucre brûlé.

 

Duncan Taylor Long Pond 2000

Duncan Taylor Jamaica 2000

Distillerie suivante et nouvel embouteilleur indépendant : Duncan Taylor. Le nez est sur le cuir, l’anis, un peu de mangue et de la Cranberry séchée. J’y retrouve également comme un vieillissement en fût de cognac et une note légèrement terreuse. En bouche, ce sont les notes de cuir et de réglisse qui prédominent avant de se terminer sur des arômes assez doux et équilibrés avec une apparition de fruits rouges.

 

Habitation Velier Forsyths 2006 <WPM>

Habitation Velier Forsyths 2006 WPM

Nous revenons chez Velier pour la version vieillie du premier rum. Cette version est âgée de 11 ans et titre à 58% pour un taux d’ester de 209gr/hlap. Le nez s’ouvre sur des notes de vernis, de fruits cuits, la banane (la peau ou flambée, selon votre convenance), des fruits à coque et toujours une petite note iodée. Au palais, le cuir se fait sentir, le bois noble (santal ?) et des fruits très murs. C’est lourd et ample avec une finale assez courte sur de l’olive.

 

 

Excellence Rhum Hampden 2000 LROK

Excellence Rhum Hampden 16ans

Nouvelle distillerie, nouvel embouteilleur (déjà lu ça quelque part ^^)! Ce rum de la distillerie Hampden – qui sortirait les rum les plus aromatiques de l’ile – a bénéficié d’un double vieillissement : tropical (20%) / continental (80%) pour un âge total de 16ans (je vous laisse faire le calcul pour les plus matheux d’entre vous) pour un degré de 54,6%. Le nez nous marque directement par ses notes beurrées, de banane, d’abricot et d’olive noire. Une belle attaque vive et fraîche vient envahir le palais, on y ressent du menthol, du foin, du sucre roux et de la banane caramélisée. La finale est marquée par une légère amertume boisée, une présence discrète d’olives noires et de foin.

 

Habitation Velier Hampden 2010 HLCF

Habitation Velier Hampden HLCF

Nous terminons notre tour d’horizon en revenant chez notre cher embouteilleur italien mais en restant sur la même distillerie que précédemment. Ce 6 ans d’âge vieilli exclusivement à la distillerie et titrant 68% nous envoie des esters : 550g/hlap ! Ce rum est fort concentré et il faut une bonne aération pour y discerner ses différents composants. Au nez, c’est gourmand et rond sur le solvant, les fruits exotiques (banane, ananas), un boisé cireux et du poivre. Il est acidulé, doux et rond. La bouche laisse apparaître de l’olive verte, un coté cuir et un discret fumé.

 

En conclusion

Nous avons, comme à chaque fois, passé une très bonne soirée en agréable compagnie. La sélection du line up était réussie et nous a permis de voyager dans les différents registres, si particuliers, des rums de cette île. Merci aux participants qui ont mis la main à la pâte (c’est le cas de le dire) pour le dessert, les photos, la musique et j’en passe. Je ne vous parle pas des duels qui ont eu lieu afin de récupérer les fonds de bouteilles !

On espère que les différentes distilleries commenceront prochainement à elle-même produire leur rum vieux afin de maitriser tout le processus de production (Appleton et Worthy Park le font déjà).

Vous pouvez maintenant reprendre une activité normale, on se retrouve début décembre pour une nouvelle B(i)elle soirée.

La recette du Ginger Beer : par ici 

Réservation pour la prochaine soirée : par ici

 

Les Amis des Amis du Rhum

les amis des amis du Rhum – JM vs Trois Rivières

Après deux mois d’absence, nous revoilà à flots pour une nouvelle saison de dégustations. Premier événement : les Amis des Amis du Rhum. Cette première de la saison nous propose une confrontation de deux grandes maisons martiniquaises : JM vs Trois Rivières.

On vous pose le décor : comme à l’habitude, dès notre arrivée, le line up est dévoilé sur le bar à côté du planteur prévu pour l’apéro. Les habitués se retrouvent, mettent en place les tables et chaises, et nous voilà partis pour une agréable soirée. L’ambiance est bien détendue. Les discussions rhumesques ne tardent pas à éclore : bref on se sent à l’aise parmi une bande de joyeux lurons tout en sirotant un planteur made in La Mauny Ananas.

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Comme pour toutes les soirées « Confrontation », Cédric nous a préparé quatre duels de produits de gammes comparables : on commence en opposant deux blancs, puis les VSOP qui préparent le terrain pour les 10 ans et enfin les hauts de gamme. La soirée du jour s’y prêtant, tous ces jus seront des AOC.

JM Jungle Macouba (51,2%) vs Trois Rivières Océan (40%)

Ce premier duel opposera deux blanc « premium » (qu’est-ce que l’on n’aime pas ce terme…)

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D’un côté, le JM Jungle Macouba. Au nez, passé la canne fraîche et sucrée, nous retrouvons des notes herbacées (gazon coupé) et de foin. La bouche est très végétale limite terreuse ; avec une pointe de poivre, de truffe et une certaine lourdeur. On peut d’ailleurs l’observer, le Macouba est un peu graisseux au verre, les jambes sont bien portantes et descendent assez lentement.

De l’autre côté, le Trois Rivières Océan. Hormis la canne, le nez est très marin (au cas où vous n’auriez pas compris la référence). On y retrouve l’iode, en fermant les yeux on se croirait presque sur l’Anse Trabaud, le sable blanc sous nos pieds. Des notes d’agrumes et de grains de moutarde ressortent ensuite. La bouche est saline et sur la canne crue. Une finale douce, limite sur de la cassonade avec une pointe iodée.
Ce blanc se marie très bien avec les huitres ou lors d’une dégustation de sushis (testé & approuvé)

Résultat du duel : 12 voix pour le Trois Rivières contre 5 pour le JM. Le côté très atypique de la cuvée de l’Océan a probablement joué en sa faveur, face à un Macouba très bien réussi, mais dans une lignée plus standard en ce qui concerne les blancs agricoles.

VSOP en force

Vous l’avez compris, pour le second duel nous aurons droit aux deux VSOP. Lesquels ? Un de chez Trois Rivières et un de chez JM, il faut suivre un peu !

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Le JM est clairement (c’est le cas de le dire) plus doré et limpide. Le nez est acidulé, sur du sapin (épicéa), du poivre, du foin et cireux. Après une longue ouverture (ou même le verre vide depuis quelques minutes), il devient pâtissier avec la crème au beurre, voire le beurre lui-même qui s’impose. Un nez très surprenant.
Personnellement [Spiritom], je connaissais ce JM mais il ne m’avait pas laissé une très bonne impression. Cette dégustation m’a permis de le redécouvrir et de lui porter un plus grand intérêt.

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Le Trois Rivières est quant à lui plus sombre et lourd sur le verre. Le nez est plus épicé, sur de la muscade et un boisé (typique de chez Trois Rivières pour les habitués). On devine une présence de cacao. La bouche est incroyablement douce, on y retrouve des notes de poudre de cacao, un léger boisé (chêne neuf) et une pointe de vanille. La finale est davantage sur l’amertume du cacao.
Si vous aimez ce Trois Rivières, on ne pourrait que vous conseiller d’essayer l’ancien embouteillage 5 ans (remplacé depuis peu par ce VSOP) qui apporte une palette aromatique plus complexe.

Égalité pour ce duel : 8 voix partout ! (Oui, quelqu’un s’est abstenu)

JM 2003 10 ans (44,8%) vs Trois Rivières 10 ans Vintage ‘90s (42%)

Nous montons de catégorie avec les 10 ans d’âge.

Notez que le JM 2003 se trouve encore assez facilement (au pire, le nouveau 2004 est assez similaire) alors que le Trois Rivières est une version des années 90 (1991 pour être précis) sur laquelle il vous sera assez difficile de mettre la main.

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Le nez du JM est rond, sur du cacao, du poivre, un peu de vanille grasse. Nous retrouvons le côté beurré du VSOP (bien moins prononcé quand même). Si on le laisse pleinement s’ouvrir, on perçoit encore quelques notes d’agrumes tirant ici davantage sur le pamplemousse. En bouche, l’alcool se fait dans un premier temps présent, viennent ensuite des arômes d’amande, de fruits exotiques (limite confits) et de vanille. Au fur et à mesure, il devient plus gras et gourmand avec une pointe de note beurrée.

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Le Trois Rivières est frais au nez : des notes de boisé et de menthol avec une pointe d’ancien rhum d’un temps révolu (qui a dit poussière?). Le chocolat amer pointe le bout de son nez et vient chatouiller nos narines. La bouche nous dévoile des notes de cacao, d’ananas avec une pointe d’amertume et d’une belle complexité.

Résultat du duel : 8 voix pour le Trois Rivières contre 9 pour le JM

JM 2000 15 ans (41,9%) vs Trois Rivières 1995 (43%)

Nous arrivons à l’apogée de la dégustation : les hauts de gamme qui clôturent cette soirée. Le JM 2000 est en réalité un 16 ans d’âge alors que le Trois Rivières 1995 est un 19 ans (mais l’AOC ne permet pas de comptabiliser les dernières années suite au double vieillissement).

Il est à noter que ces rhums ont été servis dans les verres plus d’une demi-heure avant d’être présentés à la dégustation, leur permettant une belle ouverture (c’était également le cas pour les 10ans).

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Le JM nous propose au nez des notes beurrées qui se dirigent vers le beurre fondu (décidément, on en retrouve du beurre dans ces JM, à se demander s’ils ne font pas de la pâtisserie à côté de la distillerie), du foin sec, un peu d’amertume de cacao et des fruits secs. Viennent ensuite des fruits assez sucrés et une pointe d’épice. La bouche est sur le fruits confits, de la prune le tout avec une belle complexité. La finale est agréablement longue.

Le Trois Rivières est assez alcooleux au premier abord, avec les marqueurs typiques actuels de la distillerie accompagnés de fraîcheur (eucalyptus), tabac (boîte à cigares). La bouche est ronde, sur des fruits secs, avec un soupçon d’orange. La finale est très longue avec du boisé et du tabac pour se terminer sur une touche plus fraîche.

Résultat du duel : 10 voix pour le Trois Rivières contre 7 pour le JM

Conclusion

Les plus matheux parmi nos lecteurs se seront rendus compte que c’est Trois Rivières qui l’emporte 36 voix contre 29. L’écart s’est creusé en faveur du sud de l’île au niveau du blanc, la Cuvée de l’Océan séduisant par son esprit (rien à voir avec Neisson) très décalé. Il faut avouer que malgré son faible titrage, c’est une belle réussite qui a de quoi laisser rêveur. Il se laisse boire pur ou en cocktail (mojito fraise-basilique, il vaut le détour paraît-il). Pour la suite de la gamme, on reconnaît dans ces deux distilleries un savoir-faire pleinement maîtrisé, avec des particularités qui plairont soit aux uns soit aux autres. Mais tou(te)s témoigneront qu’il n’y a que du bon!

Le mot de la fin pour cette soirée est la bonne manufacture des différentes cuvées sélectionnées, aucune fausse note. On retrouve clairement une trame évolutive dans chaque distillerie avec des notes qui se retrouvent dans l’ensemble de leur gamme respective, hormis pour la Cuvée de l’Océan, très atypique.

Le fait d’avoir pu découvrir un ancien rhum des années 90 (le Trois Rivières 10 ans, c’est bien, y en a deux qui suivent là dans le fond) nous permet de réaliser l’évolution des rhums agricoles ces deux dernières décennies au sein d’une même maison.

Comme à l’habitude, c’est encore une fois l’ambiance et la bonne humeur des participants qui rendent ces soirées si plaisantes. Félicitations à Cédric pour l’organisation et la sélection ainsi qu’à Michaël pour les photos. La prochaine soirée aura lieu le 20 octobre et aura pour thème la Jamaïque (on vous voit déjà baver). Pour ceux qui sont dans la région, le contact pour la réservation est sous l’article.

A très bientôt pour d’autres articles ! Car oui, les mois qui arrivent vont être chargés en événement Entr’Rhum.

Crédit photo : Michaël Muller
Réservation pour la prochaine soirée : Par ici

Les Amis des Amis du Rhum

Les amis des amis du rhum – Savanna

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Il y a deux semaines, nous avons eu la chance de participer à une soirée dégustation du groupe « les amis des amis du rhum » (non, nous n’avons pas trop bu, il y a bien deux fois « les amis » !). C’est notre ami Cédric qui organise depuis maintenant plus d’un an ces ateliers dégustations avec un line up toujours très bien pensé. Maintenant que j’y pense, je ne comprends toujours pas pourquoi nous n’y avions jamais participé car ce n’est au final pas si loin de chez nous.

Erreur maintenant corrigée, nous sommes donc partis pour les quelques kilomètres qui nous séparent de notre destination. Bien que cette soirée soit notre première, c’était également la dernière de la saison, ce qui nous a permis de participer à une petite tombola fort bien agréable (qui a dit que j’étais cocu ??? )

A peine arrivés, notre ami Cédric est déjà au bar pour servir l’apéritif, un planteur bien rafraîchissant, alors que l’ensemble est déjà en place pour la soirée et que le cuistot s’active en cuisine. Tout cela est très bien organisé et l’on commence à faire connaissance avec les différents amateurs présents dont quelques têtes connues.

Cédric, nous explique le principe de la soirée avec un rhum blanc en guise de mise en route, un repas, et ensuite la dégustation proprement dite (6 rhums vieux seront à l’honneur). L’avantage de faire un line up sur la distillerie Savanna est que leur gamme de produits est vraiment complète (il ne manque qu’un pot still et c’est la quinte flush !). En effet, elle propose des rhums à base de mélasse, de vesou, des grand arômes (le tout en blanc et en vieux), des finitions, des versions réduites et brut de fût et des ovnis venus de nulle part. Le tout pour le plus grand plaisir de nos papilles. Au cours de cette soirée, nous aurons donc droit à une belle palette de ce qui se fait dans cette maison avec 1 rhum blanc, 2 rhums traditionnels, 2 rhums pur jus et 2 rhums grand arôme. Le vieillissement se fait exclusivement en anciens fûts de Cognac.

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Nous commençons donc la première partie de la soirée avec un blanc : le rhum Créol. Ce rhum pur jus de la Réunion est assez porté sur les agrumes (orange, mandarine) et le sucre de canne. Assez différent des autres rhums de vesou car il ne porte pas de marqueurs de canne fraîche mais plutôt de sucre de canne. En bouche, il en ressort un rhum assez vif, épicé (ylang ylang) et poivré ; pas de fraîcheur habituelle de ce type de rhum. C’est en ti-punch qu’il se dévoile plus avec des arômes plus fins.

Après nous être sustentés d’une spécialité italienne plate et ronde, notre hôte nous démarre les choses sérieuses avec le premier rhum vieux de la soirée : le rhum Savanna traditionnel 7 ans 43%. C’est un rhum de mélasse ayant vieilli 7 ans dans des fûts de Cognac. Au nez, la mélasse est bien présente avec des notes miellées, d’ananas cuits ainsi qu’une touche florale. La bouche est pâtissière, vanillée et sur de la réglisse avec un léger piquant supplémentaire en finale. Voici (enfin nous avons envie de dire) un très bon rhum de mélasse qui n’est pas saturé de glucide ou autre glycérine et vanilline.

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Nous restons dans la mélasse pour le rhum suivant avec le Savanna Intense 7 ans finition Moscatel à 46%. La robe est cuivrée et assez grasse. Le nez est fruité (mirabelle) avec un côté légèrement vineux et une touche de café. En bouche, on retrouve le coté mélasse avec une certaine douceur, le fruité, des notes de lavande et même pour certain(s) de champignons ! La finale reste dans la même gamme, fruitée, douce et vineuse.

Arrive le temps de passer aux rhums de vesou. Nous commençons par le Savanna Créol 10 ans affiné en fût de porto et réduit à 46%. La robe est plus pâle que sur le précédent, plutôt dorée. Le nez fait tout de suite ressortir le raisin, des marqueurs de cognac sont clairement identifiables ainsi qu’un léger vernis. On détecte un peu d’épices (la muscade) et une petite astringence. La bouche est assez complexe, sur les fruits, le cacao et une fin de bouche plus ronde.

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Le second pur jus de canne est le Savanna Créol 9 ans calvados finish en brut de fût (61,4%). Nous avions déjà testé une finition calvados chez Savanna (le 6 ans 2002 réduit à 46%) et il nous avait bien séduit à l’époque ; cette version brut de fût avait donc toute notre attention.
La robe est dorée et brillante avec des jambes assez fines. Au nez, la finition calvados est bien présente avec un léger vernis et un peu de caramel. La bouche est chaude et gourmande sur les fruits (pomme et poire) et une touche de caramel cuit. Son haut taux d’alcool nous force à le laisser s’ouvrir un bon moment afin de bien en percevoir toutes ses subtilités.

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Après un petit tour de tombola, nous passons à la dernière partie de cette soirée : les grands arômes. Alors pour ceux qui l’auraient oublié, les grands arômes sont des rhums de mélasse avec une fermentation longue (5 à 10 jours) et une levure spécifique qui permet d’obtenir des rhums très aromatiques.

Le premier de la série est le Savanna Lontan Chai Humide 8 ans à 60,4%. Ce nom provient du lieu de stockage des fûts dans le chai : celui-ci étant à bord de mer, le fond du chai est assez humide et a modifié le profil aromatique de certains fûts. La robe est dorée. Au nez, nous retrouvons le vernis, des fruits cuits, l’olive, le pain, des raisins secs et un léger fumé. La bouche est boisée, florale (fleur d’oranger) et ronde. Dès notre première gorgée, nous comprenons directement pourquoi ce nom de chai humide. Le boisé et le fruité se marient à merveille, une très belle réussite. La finale porte sur les fruits (ananas) avec une extrême douceur et longueur.

Le dernier de la soirée n’est pas des moindres : le Savanna Lontan 12 ans en brut de fût 64,2%. Ce rhum est un des plus puissant de la maison Savanna et est un concentré d’arômes. La robes est acajou, limite bronze. Le nez nous dévoile des arômes fruités de fleur d’orangé, de cacao et de solvant (acétone). En bouche, c’est puissant autant en arômes qu’en degré d’alcool. On y retrouve du pain d’épice, de l’anis avec du cuir de l’olive et des fruits à coques. Une bonne aération est nécessaire pour l’apprécier pleinement.

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Voici ce qui termine cette très agréable soirée…. Hoooo…. mais non ! Notre hôte nous dévoile une petite flasque sortie de nulle part. A peine ouverte, les arômes se font ressentir dans toute la pièce. Le Savanna HERR venait d’être ouvert ! Cette sensation est semblable à la libération du Kraken (le monstre hein, pas le rhum 😉 ).
Si vous pensiez que le Lontan 12 ans bdf était costaud, sachez qu’il semble être une limonade face à ce monstre. En résumé, on y retrouve l’ananas, des notes empyreumatiques et une touche de bonbon (fraise tagada).

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Merci à Cédric pour cette belle soirée, cette organisation au top et ce line up très intéressant. Merci également aux différents amateurs présents pour ces agréables moments de partage et la très bonne ambiance. C’est promis, on reviendra 😉

Crédit photos: Cédric Lorne